C'est encore la cacophonie. Alors que Christine Lagarde, ministre des Finances, parle d'un allègement de la fiscalité du patrimoine et d'une 'possible' réforme de l'ISF dans un entretien paru ce matin dans La Tribune, François Fillon, lui, dément.
Ce lundi sur Europe 1, le Premier ministre réfute toute réforme de l'ISF qui n'est 'pas à l'ordre du jour'.
François Fillon explique que la récente réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est 'une réussite' grâce au 'bouclier fiscal à 50%' renforcé par 'le mode déclaratif'. Il affirme que le gouvernement 'n'ira pas plus loin'.
Le rééquilibrage fiscal selon Lagarde
Ce matin, on peut litre dans La Tribune que tout en maintenant la logique du bouclier fiscal, la ministre de l'Economie veut 'rééquilibrer [la] fiscalité [française] et la rapprocher de la moyenne européenne'.
'Nous avons constaté (...) que l'imposition du patrimoine (3% du PIB) était bien supérieure à la moyenne européenne, à la différence de l'imposition des revenus du capital, qui apparaît, à l'inverse, la plus faible (12,4% d'imposition moyenne en prenant la masse des Livret A, LDD, contrats d'assurance-vie, revenus locatifs, actions, obligations...)', explique-t-elle.
Et le projet de modifier les impôts sur le patrimoine concernent tous les impôts sur le patrimoine... Y compris l'ISF, enfin... 'C'est une possibilité. On en débattra sans doute pendant la discussion budgétaire'.
Croissance 'd'un peu plus de 1%'
Par ailleurs, le Premier ministre espère sur Europe 1 une croissance de l'économie 'd'un peu plus de 1%' pour l'année 2008.
La croissance initialement prévue était située entre 1,7% et 2%.
Il rejette le terme de récession tout en admettant que la situation économique était difficile. Pour François Fillon, 'la seule façon pour la France de réagir est d'améliorer la compétitivité des entreprises'.
Pour l'année 2009, Christine Lagarde voit 'une année difficile parce que, mathématiquement, nous allons commencer avec moins de vitesse, même si le quatrième trimestre 2008 devrait être meilleur que le deuxième et le troisième', peut-on lire dans La Tribune.
'Toutefois, les Etats-Unis devraient repartir l'an prochain et, mi 2009-début 2010' et elle 'espère que l'Europe retrouvera une tendance nettement plus favorable'.
C.L.