La chise n'a pas été aisée, mais le Congrès américain a réussi à trouver un accord sur le plan de sauvetage du système financier américain, largement amendé, qui devrait être soumis au vote ce lundi.
Le plan Paulson initial a été revu sur plusieurs points déterminants. Ainsi, le montant de 700 milliards de dollars sera mobilisé en deux étapes de 350 milliards de dollars pour racheter les créances douteuses des établissements financiers touchés par la crise.
Le second versement sera fait si le premier s'est montré efficace et si nécessaire. Cette opération représente la plus importante intervention des autorités américaines dans leur économie.
Autre modification du plan, les établissements financiers qui recevront l'aide du gouvernement américain devront lui donner des parts de leur capital que pourraient recevoir des contribuables. En effet, la mobilisation des sommes du plan va demander de la part du contribuable un investissement important.
Dans un délai de cinq ans, les autorités américaines devront faire en sorte que les contribuables aient été remboursés grâce à la revente de leurs actifs. Si tel n'est pas le cas, les établissements financiers qui auront bénéficié du plan de sauvetage devront couvrir la différence.
En ce qui concerne les petits propriétaires immobiliers, le gouvernement doit faciliter les modalités de prêt afin qu'ils ne se retrouvent pas en situation de saisie.
Enfin, le point symbolique qui fait débat concerne le plafonnement des 'parachutes dorés' qui vont être versés à certains dirigeants des établissements minés par la crise.
Certains républicains restent réticents face au plan
Chez les démocrates, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a tenu à préciser que ce plan 'n'est pas la rescousse de Wall Street (...) c'est un message pour dire à Wall Street que la fête est terminée'.
Pour sa part, Barack Obama a déploré, hier sur CBS, le prix à payer par le contribuable. 'Quand on demande aux contribuables de prendre des mesures extraordinaires à cause de l'irresponsabilité de certains, il n'y a pas de quoi se féliciter. Mais ces mesures sont nécessaires', a-t-il concédé.
Du côté des républicains, les positions sont plus partagées. Certains comme Judd Gregg pense que ce plan 'donne au secrétaire au Trésor (Henry Paulson) l'autorité, les ressources et la latitude pour agir et stabiliser le marché du crédit'.
Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a déclaré, lui, hier, sur ABC que les 'grandes lignes [du plan montrent] que c'est quelque chose que nous allons tous devoir avaler et avec lequel nous allons pouvoir avancer. Mais l'option de ne rien faire n'est tout simplement pas acceptable'.
En revanche, le sénateur républicain Richard Shelby, membre de la commission bancaire du Sénat, n'a pas voulu assister aux négociations sur un plan dont il rejette les principes. Une partie des républicains sont particulièrement hostiles à l'idée d'une telle intervention de l'Etat dans l'économie.
Pour sa part, le président américain George Bush a souligné que 'ce projet de loi apporte les outils et les financements nécessaires pour contribuer à la protection de notre économie contre une panne de l'ensemble du système'.
Les autorités américaines tenaient absolument à ce qu'un accord soit trouvé ce weekend au plus tard avant l'ouverture des premières places financières mondiales ce lundi.
Ailleurs dans le monde, la crise financière continue à faire des victimes. En Europe, le Benelux a notamment volé au secours de la banque Fortis pour lui éviter d'être emportée par la crise.
C.L. (avec agences)