Le groupe d’assurance, racheté par l’allemand Allianz en 2007, a annoncé son intention de fermer quatre centres de gestion remettant ainsi en cause près de 200 emplois, finalement bien moins que les chiffres annoncés samedi dernier par Le Parisien Aujourd’hui en France, qui annoncait 1 500 à 2 000 emplois supprimés.
AGF refuse de parler de plan social
Les quatre sites concernés par une fermeture en 2009 sont les centres de gestion régionaux de Reims, Grenoble, Nice et Montpellier. François Thomazeau, directeur général délégué, a cependant déclaré qu’il n’y aurait pas de «licenciements secs».
Pour Jean-Philippe Thierry, ainsi que pour l’ensemble de la direction, «ce plan ambitieux et nécessaire serait mis en oeuvre par des mesures excluant tout recours à des licenciements, à l'exception, le cas échéant, des collaborateurs des quatre sites qui devraient être fermés pour lesquels aucune des mesures d'accompagnement proposées n'auraient permis d'apporter des solutions».
Le groupe se refuse donc à parler pour le moment d’un plan social, même s’il ne l’exclut pas en cas d’échecs des reclassements et autres mesures de mutations. L’assureur préfère parler de «plan de compétitivité». Ces fermetures fait partie en effet de ce dernier, qui prévoit également une formation pour 2 000 personnes qui s’étalera jusqu’en 2011 afin de les faire évoluer.
Ce plan représente ainsi un investissement sur trois ans de 200 millions d’euros. Il vise «une plus grande industrialisation et une spécialisation accrue des sites de gestion» du groupe qui disposera ainsi de neuf sites dans les grandes villes et de six en région parisienne.
Un plan nécessaire
Ces mesures ont été prises en tenant compte des résultats d’études de groupes de travail qui ont été lancés en juin 2007 dont l’objet était de «réfléchir à une adaptation de l'entreprise en vue d'accroître sa compétitivité pour assurer son développement futur». Cette réflexion a été lancée dès la prise de contrôle d’Allianz sur l’assureur français.
Le plan qui en est ressorti permettra donc à AGF d’augmenter ses performances face à un marché de plus en plus concurrentiels : «AGF s'apprête à engager un plan de compétitivité au service de son développement afin d'atteindre dans tous ses domaines d'activité le niveau de performance qui lui permettra de renforcer durablement ses positions sur ses marchés».
Mais une polémique existe quant à l’influence allemande sur cette décision. Michael Diekmann, président d’Allianz qui possède 51% du capital d’AGF depuis une dizaine d’années, a déjà restructuré son groupe en supprimant près de 7 500 emplois en 2006, économisant ainsi environ 600 millions d’euros. Certains ne manquent pas de faire part de leurs craintes quant à l’adoption de la même stratégie pour les AGF.
Le but serait ainsi d’augmenter la rentabilité du groupe français dans un secteur dynamique où les restructurations étaient, jusque-là, relativement rares.
W.A.