Dans une interview parue dimanche dans le journal italien Corriere della Sera, Vito Riggio, le président de l’Enac, a déclaré que la législation européenne nécessite qu’Alitalia puisse financer sa licence pour l’année à venir.
Une décision sous deux semaines
Si la compagnie ne peut expliquer comment elle compte financer ses opérations ces douz prochains mois, celle-ci pourrait voir sa licence suspendue et remplacée par une licence provisoire. «Nous n’aurons pas d’autre choix que de suspendre la licence», explique M. Riggio.
L’Enac avait déjà accordé un sursis à Alitalia, lui permettant de poursuivre ses activités en raison de la perspective d’un rapprochement avec Air France-KLM.
La rupture des négociations, il y a une dizaine de jours, entre les syndicats d’Alitalia et la direction d’Air France-KLM, a remis la question de la licence sur le devant de la scène. «Il y a deux mois, Alitalia nous a expliqué que des discussions sérieuses étaient en cours avec Air France-KLM, qui pourraient résoudre ce problème. Mais maintenant, avec l’arrêt des pourparlers, nous avons à nouveau regardé le dossier», explique M. Riggio.
Alitalia face à 'l'antichambre de la mort'
Une situation jugée ‘dramatique’, étant donné qu’aucun soutien financier ne peut être accordé à Alitalia jusqu’à ce que celui-ci ait trouvé un repreneur.
La suspension de la licence de la compagnie ne signifierait pas forcément la cessation des activités, l’Enac pouvant fournir une licence provisoire.
Le régulateur devrait prendre sa décision sous deux semaines ; le temps pour celui-ci d’évaluer l’étendue des pertes d’Alitalia sur le mois de mars et les économies réalisées à l’aéroport de Milan Malpensa.
M. Riggio a exprimé son souhait que la proposition d’Air France soit à nouveau d’actualité, ne voyant aucun signe de la formation d’une offre alternative. Il ajoute que, d’après son expérience, «une licence provisoire est l’antichambre de la mort».
Antoine Pietri