Quel contraste avec hier ! Mercredi, les valeurs automobiles -après les résultats du second trimestre de Peugeot, de Fiat, de Volvo et de VW- respiraient la santé pour flirter avec l'euphorie alors qu'aujourd'hui, pareil aux personnalités cyclothimiques, elles dépriment. Et pour cause.
L'automobiliste américain Ford a publié, au titre de son second trimestre, une perte de 8,7 milliards de dollars, ou 3,88 dollars par action, contre un bénéfice net de 750 millions de dollars l'année dernière à la même époque.
A noter que cette perte comprend des charges exceptionnelles de 8 milliards de dollars qui incluent elles-mêmes des dépréciations de 5,3 milliards sur des actifs de Ford North America et de 2,1 milliards liées au portefeuille de Ford Motor Credit.
Pour rassurer, le constructeur du Michigan dit rester en bonne voie pour atteindre 5 milliards de réductions de coûts en base annuelle en Amérique du Nord d'ici à la fin de cette année, en comparaison de 2005. Au second trimestre, Ford fait état de réductions de coûts de 1 milliard d'euros, dont 600 millions en Amérique du Nord.
Quant à l'avenir ? Le constructeur anticipe un second semestre difficile. Cela dit, pour redresser la barre, répondre aux changements industriels et épouser la demande -en véhicules peu consommateurs de carburant-, Ford annonce une accélération de son adaptation, avec l'addition de nouveaux petits véhicules propres en Amérique du Nord.
Même déception chez Daimler qui remporte la palme des plus mauvais résultats européens.
Lanterne rouge européenne
Le constructeur allemand de véhicules haut de gamme affiche, pour la période courant d'avril à juin, un bénéfice net en recul de 25% à 1,4 milliard et un bénéfice d'exploitation a reculé de 4%, à 2,1 milliards, pour un chiffre d'affaires de 25,4 milliards, en hausse de 6% sur un an. Ces résultats sont inférieurs aux attentes des analystes.
'Les ventes plus fortes et les augmentations de productivité dans tous nos domaines d'activité nous ont conduit à atteindre un très bon résultat dans un environnement difficile', s'est néanmoins félicité Dieter Zetsche, le patron de Daimler.
Pire. Daimler annonce une révision en baisse de ses prévisions pour 2008, le groupe automobile allemand estimant que la hausse des ventes de véhicules et les réductions de coûts ne seront pas en mesure de compenser l'impact combiné du ralentissement économique mondial, de la hausse des matières premières et de la vigueur de l'euro.
'Sur la base des estimations des différentes divisions, le groupe Daimler prévoit de dégager un résultat opérationnel des activités poursuivies de plus de sept milliards d'euros (...) Daimler avait auparavant anticipé un chiffre sensiblement supérieur à celui de 7,7 milliards de 2007'.
Alors autant dire que le marché ne partage pas l'entousiasme du patron allemand. La sanction en bourse a été immédiate : le titre, bien orienté depuis le début de la séance, a aussitôt chuté de 5,5% à 40,20 euros.
'Un ralentissement plus fort '
A côté de Ford et Daimler, Renault paraît bien s'en sortir (sa marge opérationnelle progresse au T2), si ce n'est que le constructeur français a annoncé ce matin un plan d'économies, et notamment la suppression de 5 000 emplois en Europe.
Carlos Ghosn, le PDG de la marque au losange, a dit vouloir 'préparer Renault à une période qui risque d'être perturbée'. 'On voit arriver sur la deuxième partie de l'année et sur l'année 2009 un ralentissement plus fort sur les marchés européens'.
Pour l'heure, Renault reprend un peu du poil de la bête en bourse, au alentours de 14h30, et ne perd 'plus que' 2,23%, à 56,55 euros, après avoir ouvert en hausse de 7% et atteint un plancher de séance à 54,59 euros. Au même moment, PSA vacille de près de 5%, à 33,17 euros.
Les équipementiers, par contre, ne sont pas logés à la même enseigne. Faurecia prend 0,40%, après avoir clôturé sur un bond de 8,14% hier à la suite de l'amélioration de ses marges au premier semestre. Cela dit, Valeo fond de 3,47%.
E.M.