Le groupe de construction et de matériaux Saint-Gobain a présenté ses résultats du premier semestre, faisant état d’un bénéfice net courant en hausse de 3,2%, à 1,1 milliard d'euros.
Son chiffre d'affaires s'élevait fin juin à 22,14 milliards d'euros, en hausse de 1,7% (+4,9% à taux de change constants).
Quant à son résultat net part du groupe, il a atteint 1,07 milliard d'euros, contre 465 millions au premier semestre 2007 en raison d’une charge de provision de 650 millions d'euros pour une amende de la Commission européenne.
En termes de perspectives, le groupe s’est vu contraint de réduire ses objectifs de résultat net courant pour l’année en cours. Dans un communiqué, Saint-Gobain précise ainsi qu’il table sur «le maintien à un haut niveau, proche de celui de 2007, du résultat d'exploitation (à taux de change constants) et du résultat net courant.»
Le groupe taille dans son effectif
Saint-Gobain souffre donc toujours de la crise de l'immobilier, indiquant d’ailleurs dans son communiqué que, «compte tenu de la dégradation progressive de l'environnement économique international depuis l'été 2007, le groupe a amplifié les programmes de réductions de coûts engagés depuis le second semestre 2006 aux Etats-Unis et depuis fin 2007 dans certains pays européens.»
«Au total, précise le groupe, ces programmes conduisent à des réductions d'effectifs supplémentaires de 6 000 personnes en année pleine, dont 4 000 en 2008.»
Dans le détail, Saint-Gobain entend réaliser la suppression des 4 000 emplois essentiellement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne dans le cadre de son plan de réduction des coûts. Il ajoute par ailleurs que plusieurs magasins Point P (distribution de matériaux de construction) devraient être fermés.
Mesures «additionnelles» d’économie
Le directeur général de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar, au micro de la radio BFM, ce vendredi, a indiqué qu'il n’excluait pas des mesures d'économies «additionnelles».
«Là où il y aura des dégradations supplémentaires (de l'activité), nous prendrons des mesures additionnelles à la fin de l'année 2008 ou en 2009. Notre programme a vocation à être adapté en fonction des circonstances».
En effet le patron du groupe français du BTP voit le ralentissement des marchés de la construction aux Etats-Unis et dans certains pays d'Europe, notamment l'Espagne et le Royaume-Uni, se poursuivre, voire s'amplifier, dans les mois à venir.
«Au deuxième semestre et en 2009, j'ai bien peur que la baisse de la construction ne soit plus forte», a-t-il indiqué. Aussi il ajoute que «2009 ne sera pas une année très facile».
Dans ce contexte peu rassurant, Pierre-André de Chalendar précise que les objectifs du groupe pour 2010 vont être «plus difficiles» à tenir. Cependant il précise qu'il ne voit pas pour l'instant de raison de les modifier.
Le groupe table sur une croissance organique moyenne de 5% par an entre 2007 et 2010.
Point important, l'hypothèse d'une baisse du dividende en vu de faire des économies à été écarter par le dirigeant.
Au palmarès, vendredi, de l’indice vedette parisien, le titre Saint-Gobain à 15h30 sursaute de 5,86%, à 38,83 euros.
C. S. / An. R.