Le secteur immobilier traverse sans aucun doute une période de turbulences. L’avertissement sur les résultats de Kaufman and Broad en juin et celui de Seloger.com émis hier traduisent ainsi une activité en berne inquiétant les marchés.
La décision de la BCE n’arrange pas les choses
Alors que le secteur immobilier est déjà fragilisé par des ventes en berne au premier semestre, des prix revus à la baisse, que les vendeurs ont encore du mal à mesurer et donc à prendre en compte, et des clients devenus plus sélectifs.
A cela vient s’ajouter la décision de la BCE d’augmenter ses taux à 4,25% ne devrait pas être sans conséquence sur le marché, tant sur l’immobilier résidentiel que celui d’entreprises.
Cette décision devrait en effet entraîner «un alourdissement plus rapide des charges de remboursement des emprunteurs car les banques vont la répercuter», a déclaré à l’AFP Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Paris X-Nanterre pour qui «la baisse de près de 12% de la production de crédits immobiliers au premier semestre est considérable et rappelle le décrochage du secteur qui était intervenu lors de la crise de 1990».
Pour Christine Boutin, ministre du logement, si elle se déclare «très attentive à l'évolution des taux d'intérêt» en reconnaissant l’impact de la hausse des taux sur «la capacité d'achat des acquéreurs [amputé de] de l'ordre de 12% depuis 2005 et de 2% sur avril et mai 2008», il n’y a en France aucune crise immobilière et n’anticipe pas de forte baisse des prix, contrairement à l’estimation de certains analystes.
De fait, l'indice national notaires/Insee fait ressortir une baisse des prix des logements anciens de 0,8% au premier trimestre 2008.
Les mises en chantier de logements ont, en outre, encore fortement baissé entre mars et mai, de 21,6% à 83 166 unités, et les permis de construire de 19,9%, à 112 933 unités.
L’immobilier menacé par le pétrole
Le secteur immobilier doit également faire face à des éléments conjoncturels. Ainsi, la hausse du prix de l’essence, alimentée par les records du pétrole, modifie la demande des ménages qui deviennent plus sélectifs.
Ces derniers ne souhaitent ainsi plus s’éloigner de leur lieu de travail et rechignent à s’éloigner des grandes villes.
La demande devrait également être modifiée suite à la généralisation de la vignette auto en 2009, initiée par Jean Louis Borloo, sur les voitures polluantes, un dispositif qui rentrera en compte lorsque viendra le choix pour le client de choisir l’emplacement de son nouveau logement.
W.A. (avec agences)