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Interview
 

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Eric Wohleber

Directeur de Barclays Global Investors et d'iShares en France

«Depuis la crise, la thématique des infrastructures a très bien résisté»


(Easybourse.com) Pour quelles raisons avez-vous décidé de créer un ETF spécialisé dans le domaine des infrastructures ?
Il existe plusieurs moyens de se positionner sur les infrastructures. En premier lieu, les programmes de Private Equity, pouvant dans certains cas donner un effet de levier significatif, mais présentant l’inconvénient d’être souvent cher, peu transparent, et d’avoir un horizon d’investissement de longue durée. Il y a par ailleurs, la gestion traditionnelle d’actions, d’OPCVM, qui sont des véhicules plus liquides mais dans lesquels les investisseurs ne pouvaient pas simplement avoir du béta. Il n’existe pas de futures, ni de sicav indicielles dans le domaine.

De ce fait, Barclays Global Investors a décidé de s’associer en octobre 2006 avec la banque Maquarie, spécialiste et leader mondial dans l’analyse du secteur des infrastructures,  et Footsie pour construire un indice des valeurs les plus représentatives du secteur. Cet ETF donne accès à des sociétés offrant des revenus stables et prévisibles dans le temps tout en ayant une faible corrélation avec les autres classes d’actifs.

Quelle est la composition de cet ETF ?
Cet indice regroupe les 100 valeurs les plus liquides et couvre environ 80% du secteur (les 20 autres pourcents étant principalement des small caps). Cet indice se caractérise par une très bonne diversification géographique, 36% Etats-Unis, 47% Europe  (12% Allemagne, 10% France, 9% Royaume-Uni, 8% Espagne, 5% Italie, 2% Portugal, 1% Finlande), 8% Japon, 3% Canada, 3% Hong Kong, 1% Brésil, 0,5% Corée du Sud.
D’un point de vue sectoriel, il y a une part importante de valeurs énergétiques (54% de sociétés spécialisées dans l’électricité), telles que Eon, Suez, Iberdrola, Exxon, RWE et de valeurs utilities (26%). Pour le reste nous avons du gaz 10%, du transport 3%, de l’eau 3%, des oléoducs 2%, des télécommunications 2%.

Les pays émergents ne représentent que 4,5% de votre indice ? Vous n’avez pas de valeurs chinoises ou indiennes ?
Nous n’avons pas de sociétés cotées de droit indien ou de droit chinois. Mais les sociétés cotées qui composent l’indice développent d’importants programmes avec l’Inde ou la Chine.

Quelle a été l’évolution de l’indice depuis sa création ?
Depuis son lancement, le 20 octobre 2006, l’indice a fait environ +25,6%. Pendant la même période, le MSCI World a fait +7,10% (en $). Sur un an glissant, au 13 juin 2008, l’indice a fait +6,8% contre -6,3% pour le MSCI World (en $). Ainsi, depuis l’apparition de la crise financière, cet été, la thématique des infrastructures a très bien résisté sur les sociétés cotées.

Combien d’encours sous gestion a votre fonds actuellement ?
391 millions de dollars. Le fonds continue à enregistrer des souscriptions régulières malgré un environnement de marché difficile.

Quels sont les clients ?
Le fonds est très diversifié en termes de clientèle : institutionnels, fonds de fonds, sociétés de gestion jouant la thématique dans une logique de niche. Beaucoup de petites expositions, autrement dit des sommes modérées par rapport à la taille globale des actifs. Nous n’avons pas de gros porteur institutionnel.

Pensez-vous que le profil de vos clients a vocation à évoluer ?
Je ne le pense pas. Le produit a quelque peu gagné sa lettre de noblesse en raison de la récente crise financière. Mais le fonds devrait rester un produit satellite délivrant un complément par rapport à des expositions « core » de type DJ Eurostoxx 50, S&P 500.
 
Mettriez-vous sur le même plan les matières premières et les infrastructures ?
Pas véritablement. Le jeu sur les matières premières stricto sensu se fait essentiellement par le biais des futures. Même si il y a également des fonds investis sur les sociétés qui gèrent les matières premières. L’investissement dans les infrastructures se fait dans des sociétés physiques impliquées dans des contrats de développement de projets, notamment dans les pays émergents.

Est-ce le seul ETF qui existe sur le marché ?
EasyETF a lancé le 27 mars dernier deux ETF, sur le global infrastructures et l’Europe infrastructures. La multiplication d’ETF dans le domaine des infrastructures est un facteur positif qui stimule l’engouement des investisseurs pour cette classe d’actifs.

Quels sont les principaux risques sous jacents à un investissement dans un ETF spécialisé dans les infrastructures ?
Le risque de ce type de produit est en premier lieu lié à une forte concentration au niveau de certains secteurs, ici l’énergie et les services aux collectivités. C’est ce qui par ailleurs explique la bonne résistance du produit dans ce contexte de turbulences des marchés. Les valeurs du portefeuille ont largement sur performé les indices de référence.
Si on considère une valeur phare du secteur comme Suez, la société a fait -3% depuis le début de l’année, +9% depuis un an (contre -23% pour le Cac 40). De même Eon a fait sur un an +4,50% alors que le DJ Eurostoxx 50 a fait -21,4%.

Etes-vous confiants sur la tendance ?
La tendance de fond est clairement perceptible. Les besoins en infrastructures dans des domaines clés comme l’accès à l’eau potable ou en électricité sont très importants. A court terme, il est plus difficile de déterminer avec exactitude l’évolution des valeurs du portefeuille compte tenu de la mauvaise visibilité que nous avons actuellement sur les marchés.

L’investissement dans les infrastructures est souvent mis en avant comme une protection contre l’inflation. Qu’en pensez vous ?
Nous ne présentons pas habituellement le produit comme réponse à cette problématique.
Il existe en effet d’autres solutions, sous forme d’ETF ou non, qui répondront plus directement à ce besoin.

Quel regard portez-vous sur la multiplication des fonds investis dans les infrastructures ? Peut-on craindre la création d’une bulle dans le secteur ?
Les 391 millions de dollars d’encours de l’ETF pèsent très peu par rapport aux milliards de dollars de capitalisation des sociétés de ce secteur. Cependant, compte tenu de l’effet de mode sur une thématique, il faut avant tout s’interroger sur la liquidité de ces titres détenus en portefeuille. C’est pour cette raison que nous nous sommes concentrés sur les 100 titres les plus liquides.

Propos recueillis par Imen Hazgui

Publié le 01 Juillet 2008 Copyright © 2008  Retour à l'accueil
 
A propos de Barclays Global Investors

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En créant la première stratégie indicielle en 1971 et la première stratégie quantitative active en 1979, BGI a révolutionné l'industrie de la gestion d'actifs.

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