La récente progression de la devise britannique a été due non seulement à des rachats de couverture et à des ajustements techniques de positions, mais également à l'optimisme suscité par la décision de la Banque d'Angleterre la semaine dernière d'accroître de 25 milliards de livres son programme d'assouplissement quantitatif, et non de 50 milliards comme beaucoup l'avaient craint.
Compte tenu de l'appétit que conservent les investisseurs pour le risque, la livre pourrait encore franchir les résistances à 1,6693 puis 1,6871 dollar, et remonter ensuite vers son point haut depuis le début de l'année à 1,7041 dollar. Mais alors, le soutien dont elle bénéficie devrait vite s'effriter.
Les motifs avancés par la Banque d'Angleterre pour limiter l'augmentation de son programme d'assouplissement quantitatif - redressement de l'économie et hausse de l'inflation - commencent déjà à paraître douteux.
Depuis l'annonce de sa décision jeudi, une nouvelle étude du National Institute of Economic and Social Research a anéanti les espoirs d'une reprise économique imminente. Selon cette étude, le produit intérieur brut britannique s'est contracté de 0,4% sur la période de trois mois jusqu'à fin octobre. Et les données sur les prix à la production d'octobre, publiées vendredi, ont mis en évidence une hausse sur un an, la première depuis février, ce qui à première vue peut paraître conforter la décision de la Banque d'Angleterre. Mais cette inflation est surtout liée à l'évolution des prix de l'énergie, et devrait s'avérer de courte durée.
En d'autres termes, la Banque d'Angleterre pourrait donc devoir une nouvelle fois étendre son programme d'assouplissement quantitatif, si l'économie britannique n'affiche pas le rebond tant espéré.
Cette perspective n'est pas de bon augure pour la livre sterling, d'autant que certains pays comme la Suède ont laissé entendre qu'ils commenceraient, eux, à retirer, et non étendre, leurs mesures de relance monétaire, et que la Banque centrale européenne a suggéré la semaine dernière qu'elle pourrait s'engager dans cette voie dès l'an prochain.
La livre sterling pourrait donc se retrouver sous pression face à l'euro, l'orientation de la politique monétaire de la Banque d'Angleterre et celle de la Banque centrale européenne continuant de diverger.
Vers 10h40, la livre cotait 1,6806 dollar, contre 1,6608 vendredi soir à New York. Le dollar se négociait 90,09 yens contre 89,96, tandis que l'euro valait 1,4970 dollar contre 1,4844, et 134,88 yens contre 133,53.
-Nick Hastings, Dow Jones Newswires
Publié le 09 novembre 2009 Copyright © 2009 Dowjones





