
par Thomas Ferraro et John Crawley
WASHINGTON (Reuters) - La Maison blanche fait savoir que les discussions avec les dirigeants démocrates du Congrès sur l'octroi d'une aide à l'industrie automobile se poursuivront ce week-end et que les participants conviennent de la nécessité pour les constructeurs de présenter un plan viable avant d'obtenir des fonds gouvernementaux.
"Nous avons eu des discussions très constructives, mais il n'y a encore rien de nouveau à annoncer. Les discussions se poursuivront ce week-end", a déclaré Tony Fratto, porte-parole de la Maison blanche.
Les dirigeants démocrates du Congrès et la Maison blanche sont tombés d'accord vendredi sur le versement à l'industrie automobile d'une aide d'urgence située entre 15 et 17 milliards de dollars et sur la source de financement de cette aide temporaire, a-t-on appris auprès de conseillers au Capitole.
La source financement a constitué ces dernières semaines l'une des principales pierres d'achoppement à un accord plus large d'aide au secteur automobile.
Pour débloquer les discussions, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dû renoncer à réclamer que cette aide soit puisée dans le plan de 700 milliards de dollars de sauvetage des banques (Troubled Asset Relief Program, Tarp). Le gouvernement fédéral refuse d'employer cet argent pour l'automobile.
Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche, a confirmé samedi que l'argent proviendrait du plan de 25 milliards de dollars, déjà voté, destiné à aider les constructeurs à produire des moteurs moins gourmands en carburant.
Elle a ajouté que l'on ne pouvait demander aux contribuables de financer une aide aux constructeurs automobiles sans "une forte probabilité" qu'ils puissent être remboursés.
"PANSEMENT SUR UNE HÉMORRAGIE"
Fratto s'est refusé à entrer dans les détails des discussions en cours.
"Le plus important, c'est que chacun est maintenant d'accord sur la nécessité pour les constructeurs automobiles de présenter un plan crédible de viabilité si nous envisageons une aide du contribuable", a-t-il dit.
L'administration Bush a insisté tout au long des discussions sur la nécessité pour General Motors, Ford Motor et Chrysler LLC de prouver qu'ils peuvent se restructurer et être compétitifs comme condition à l'octroi d'une aide.
GM et Chrysler ont brandi la menace d'une possible faillite s'ils n'obtiennent pas une aide gouvernementale d'ici fin décembre. Ford n'a pas besoin de liquidités dans l'immédiat, mais il a demandé une ligne de crédit au cas où sa situation se détériorerait en en 2009.
Les négociations entre l'administration républicaine et le parti du prochain président se sont accélérées après l'annonce de la suppression de 533.000 emplois au mois de novembre dans le pays, du jamais vu depuis 34 ans.
Le montant de l'aide envisagée est moitié moindre que les 34 milliards réclamés cette semaine par General Motors, Chrysler et Ford mais les chefs de file démocrates espèrent qu'il suffira en attendant l'entrée en fonctions du président élu Barack Obama le 20 janvier. Un nouvel effort pourra alors être consacré à ce pilier de l'industrie américaine.
Le Congrès comme la Maison blanche sont soucieux de prévenir l'effondrement d'un ou plusieurs des "Big Three" de Detroit, qui emploient directement 250.000 personnes.
GM et Chrysler avaient demandé de pouvoir emprunter immédiatement - 12 milliards de dollars pour GM et 7 milliards pour Chrysler - et Ford demandait une ligne de crédit de 9 milliards de dollars dans laquelle il pourrait puiser si nécessaire. GM a aussi réclamé une ligne de crédit de six milliards de dollars.
"Un accord de prêt à court terme revient à mettre un pansement sur une hémorragie et il leur faudra encore tenter de sauver le patient en janvier", a déclaré Daniel Weiss, du Centre pour le Progrès américain en faisant allusion à la rentrée parlementaire qui suivra l'installation de Barack Obama.
Version française Jean-Stéphane Brosse et Nicole Dupont
Publié le 06 Décembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





