Le redressement de l'économie britannique s'avère beaucoup plus modeste qu'escompté et les comptes publics du pays ne font qu'aller de mal en pis, comme l'ont souligné Standard & Poor's, la Banque des règlements internationaux et l'Organisation de coopération et de développement économiques.
La communauté financière internationale finira un jour ou l'autre par y prendre garde et par se désengager, ce qui fera chuter la livre.
Pour le moment, le fait que le Royaume-Uni soit le seul pays doté d'une note de crédit AAA qui ait été mise sous perspective négative par les agences de notation financière n'est guère pris en compte.
La communauté financière semble plutôt se polariser sur les bourgeons de reprise qu'elle croit reconnaître dans la hausse des prix de l'immobilier et l'augmentation de la production manufacturière annoncées au Royaume-Uni.
Mais ces bourgeons de reprise donnent de plus en plus le sentiment d'être chétifs.
L'indice PMI manufacturier est certes repassé au-dessus de 50, ce qui signale une expansion de l'activité, mais l'indice PMI composite reste inférieur à 50, et le rythme de l'amélioration a ralenti ces derniers mois.
De même, la hausse de 0,9% des prix de l'immobilier au mois de juin annoncée par Nationwide n'est guère susceptible de durer.
La révision en baisse du produit intérieur brut du premier trimestre du Royaume-Uni, faisant apparaître une contraction de 2,4% au lieu de 1,9% lors de la précédente estimation, a également contribué à ébranler la confiance des investisseurs.
Mais c'est l'état des finances publiques qui pourrait être fatal à cette confiance. A mesure que les dépenses publiques augmentent, les estimations de la dette en pourcentage du PIB sont revues à la hausse. On s'attend à une augmentation rapide de ce taux, déjà supérieur actuellement à 50%.
Simon Derrick, stratégiste devises senior chez Bank of New York Mellon à Londres, note que les inquiétudes entourant la situation budgétaire du Royaume-Uni ne se reflètent pas encore dans les prix de la dette souveraine britannique.
Mais il pense que la livre pourrait enfin être en train de perdre son soutien, puisqu'elle n'est pas parvenue à se maintenir au-dessus du seuil de 1,66 dollar au début de la semaine.
A 09h55, la livre reculait à 1,6334 dollar, contre 1,6484 dollar mercredi soir à New York.
L'euro baissait à 1,4093 dollar, contre 1,4171 dollar, et à 136,25 yens, contre 136,71 yens.
Le dollar montait à 96,66 yens, contre 96,44 yens mercredi soir.
-Nick Hastings, Dow Jones Newswires
Publié le 02 Juillet 2009 Copyright © 2009 Dowjones





