WASHINGTON (Reuters) - Démocrates et républicains ont continué de s'affronter dimanche sur un plan de sauvetage du secteur automobile américain.
Le Sénat doit entamer lundi un débat sur l'octroi d'une aide à General Motors, Ford Motor et Chrysler LLC.
Les démocrates proposent que le Trésor consacre au secteur automobile 25 des 700 milliards de dollars de son plan d'aide aux établissements financiers. En échange, le gouvernement prendrait une participation dans ces entreprises et imposerait une limitation aux primes de leurs dirigeants.
Lors des débats télévisés de dimanche, des républicains ont fait valoir que ce n'était pas au gouvernement de choisir les entreprises qui survivront et celles qui seront acculées à la faillite, tandis que des démocrates ont affirmé qu'un effondrement de l'industrie automobile frapperait des millions de travailleurs au-delà de ce secteur.
Le sénateur républicain Jon Kyl a dit à "Fox New Sunday" que les démocrates tentaient de marquer des points politiques en défendant maintenant leur proposition de loi "alors qu'il paraît clair qu'elle ne passera pas". Il a ajouté qu'ils devraient attendre l'an prochain.
"Je ne pense pas que les gens qui devraient payer cette facture, le travailleur américain ordinaire, devraient avoir à supporter le sauvetage de constructeurs automobile qui se portent mal depuis longtemps", a dit Kyl.
Le sénateur démocrate Byron Dorgan a jugé possible qu'avant l'entrée en fonction des nouveaux élus, le 6 janvier, le Congrès sortant ne parvienne à adopter qu'un plan plus modeste portant sur la prolongation de l'attribution des allocations de chômage.
"Nous tentons de faire davantage", a-t-il cependant ajouté, en faisant valoir qu'il ne s'agit pas seulement de sauver un secteur industriel ou trois entreprises. "Il s'agit d'emplois - 350.000 directs, probablement trois à cinq millions d'emplois au total".
Le sénateur démocrate Carl Levin a déclaré à l'émission "Meet the Press" de NBC qu'il appuierait une demande de remaniement à la tête des constructeurs automobile afin d'obtenir le vote du plan de sauvetage.
La direction des constructeurs automobile a été mise en cause dans les difficultés que rencontre le secteur.
"Je serais heureux de dire à Rick Wagoner qu'il devrait envisager de démissionner si c'est cela qui doit permettre d'obtenir ce type de soutien", a-t-il dit en parlant du directeur général de General Motors.
Paul Eckert, version française Nicole Dupont
Publié le 16 novembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





