La nomination d'un homme politique belge particulièrement discret au nouveau poste de président du Conseil européen, et celle d'une femme politique britannique quasiment inconnue, qui plus est issue d'un parti d'opposition, au poste de haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères portent un coup aux ambitions internationales de l'Union européenne. Elles devraient en outre avoir des retombées économiques non négligeables.
La France et l'Allemagne semblent en effet avoir le champ libre, désormais, pour placer - à compter de janvier - leurs propres candidats à la tête des deux commissions les plus influentes : la concurrence et le marché intérieur. Or les deux commissaires ont un réel pouvoir sur la destinée économique de l'Union européenne.
Les commissaires actuellement en poste, Neelie Kroes et Charlie McCreevy, ont largement défendu l'économie de marché, ont lutté contre les tendances protectionnistes des gouvernements nationaux, sanctionné les aides d'Etat et employé les grands moyens contre toutes violations des règles européennes. Tous deux se sont efforcés de faire respecter la réglementation européenne, en dépit des pressions politiques.
Si les candidats soutenus par la France et l'Allemagne parviennent à occuper ces deux postes, les investisseurs feraient bien de se préparer à un changement de cap de la politique économique européenne. D'importants dossiers attendent les nouveaux commissaires, dont la réforme du système financier, l'épineuse question des aides d'Etat accordées aux constructeurs automobiles et l'homogénéisation des normes comptables. La France, par exemple, souhaite renforcer le contrôle politique sur le processus de fixation des normes comptables, ce qui menace l'objectif de convergence que s'est fixé le G20.
Le risque est de voir ces deux postes confiés à des commissaires qui se montreraient plus laxistes envers les Etats membres qui soutiennent leurs champions nationaux ou qui entravent la concurrence étrangère. Les choix que fait l'Union européenne pour ses postes clés laissent craindre qu'elle ne se condamne elle-même à jouer un rôle mineur. Si elle nomme, aux plus hauts postes économiques, des personnes incapables de faire preuve de fermeté, ces craintes seraient confirmés.
-Simon Nixon, The Wall Street Journal
Publié le 23 novembre 2009 Copyright © 2009 Dowjones










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