WASHINGTON (Reuters) - Les dirigeants des principales puissances économiques du monde se sont mis d'accord samedi sur les grandes lignes d'un plan d'urgence de lutte contre la plus grave crise financière qu'ait connu le monde depuis plusieurs décennies.
Mais les chefs d'Etat et de gouvernement s'en sont largement tenus à des déclarations de principe, laissant le soin à leurs ministres des Finances de faire des propositions concrètes avant le 31 mars 2009.
Un nouveau sommet du G20, qui regroupe les pays du G8, les principaux pays émergents et quelques autres acteurs déterminants de l'économie mondiale, devrait avoir lieu au printemps, probablement à Londres.
"Nous étions tous d'accord sur le fait que nous devons adopter une politique économique favorisant la croissance", a dit George Bush après la réunion.
"Il est logique de sortir de cette réunion avec un plan d'action ferme, ce qui est le cas. Il est aussi logique de dire à tout le monde qu'il y a encore du travail à faire et qu'il y aura d'autres réunions", a ajouté le président américain.
George Bush, qui a tenu son successeur Barack Obama "pleinement informé" du sommet, a redit sa foi dans le capitalisme et la libre entreprise, "la voie la plus sûre" à ses yeux pour retrouver la croissance.
Nicolas Sarkozy a estimé de son côté que les dirigeants du G20 s'étaient mis d'accord sur la nécessité d'une "relance coordonnée et concertée" de l'économie mondiale.
"Tous les pays ont appelé à une relance concertée" par le biais de mesures fiscales et budgétaires et de la politique monétaire, a déclaré le président français.
"C'est un message que nous envoyons aux marchés", a-t-il ajouté.
"PARTENAIRE LOYAL"
"M. Bush a été un partenaire loyal, pas toujours facile mais loyal et peut-être il pense la même chose de nous", a dit encore le chef de l'Etat français.
Dans une déclaration finale de cinq pages, les pays du G20 s'engagent sur quatre principes:
- une relance coordonnée de l'économie mondiale par des mesures budgétaires de soutien de la demande, la politique monétaire et une aide accrue du Fonds monétaire international et des banques de développement en faveur des pays fragiles ;
- une amélioration de la régulation des marchés financiers pour éviter une nouvelle crise financière ;
- l'ouverture de la gouvernance économique mondiale aux pays émergents et en développement ;
- le refus du protectionnisme.
Le G20 estime notamment que les régulateurs des marchés financiers doivent faire en sorte d'éviter que leur activité et leurs arbitrages aient un "impact potentiellement négatif" sur d'autres pays.
Ils s'engagent à étendre le champ de la régulation et de la surveillance à tous les marchés, produits et acteurs financiers.
Ils s'engagent également à renforcer la lutte contre les places financières "non coopératives" - centres off shore et paradis fiscaux - et à renforcer l'échange d'informations sur ces places financières.
Le G20 s'engage également à travailler sur la question des agences de notation.
L'HEURE DES PAYS EMERGENTS
La déclaration finale semble en revanche plus vague en ce qui concerne une action coordonnée en matière de relance économique.
Les pays du G20 conviennent de la nécessité d'une politique "plus large, fondée sur une coopération macroéconomique plus étroite, pour restaurer la croissance, éviter des contagions négatives et soutenir les économies émergentes et en développement".
Ils déclarent leur intention de recourir à des mesures fiscales et "reconnaissent l'importance d'une politique monétaire de soutien" en fonction de la situation de chaque pays.
Le G20 propose de donner plus de place aux pays émergents dans les institutions financières internationales, dont le FMI.
Elles doivent "mieux refléter le poids grandissant des pays émergents et des pays pauvres" et "mieux travailler ensemble", souligne l'entourage de Nicolas Sarkozy.
L'Inde et le Brésil ont ainsi estimé que le G20 pourrait désormais constituer le forum le plus adéquat pour traiter des grands dossiers économiques mondiaux.
Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré que des instances telles que le G7 des pays les plus industrialisés ne suffisaient plus pour répondre aux besoins de réalités économiques mondiales en pleine évolution.
"Le Brésil est parvenu à son objectif de solidifier le rôle du G20 en tant que lieu privilégié de décision sur le plan économique international", a dit le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega.
Version française Pascal Liétout
Publié le 15 novembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





