Depuis le point bas atteint par les marchés en mars dernier, le dollar a perdu 14,5% de sa valeur, alors que les indices Dow Jones Industrial Average et Standard & Poor's 500 ont rebondi de plus de 50%.
A l'inverse, entre le pic boursier d'octobre 2007 et mars 2009, le dollar avait gagné 13,4%, tandis que les principaux indices chutaient de moitié.
A présent, de nombreux investisseurs se désintéressent des vertus protectrices du billet vert pour se tourner vers des actifs plus risqués comme les actions.
"Cette corrélation négative entre les actions et le dollar est tout à fait normale", commente Ken Grant, associé chez Waterstone Private Wealth Management. "Etant donné qu'environ 60% des sociétés du S&P 500 ont une exposition significative aux marchés internationaux, un dollar faible est évidemment de nature à faire monter les cours de plusieurs actions". "La solidité de la monnaie d'un pays reflète la santé et les perspectives de son économie", souligne le gérant de fonds. A en juger par cet indicateur, les investisseurs semblent miser sur une reprise plus tardive aux Etats-Unis que dans la plupart des autres économies.
Le problème est qu'une baisse continue du dollar est mauvaise pour tout le monde, même pour les marchés étrangers, car en définitive elle est vue comme une menace qui plane sur l'avenir de la première puissance mondiale.
"Une érosion prolongée du dollar pourrait aussi conduire à une hyperinflation dévastatrice dans certains pays étrangers, notamment dans les pays émergents", poursuit Grant.
En outre, les fluctuations du dollar pèsent fortement sur les cours de la plus importante des matières premières, le pétrole, qui est libellée en devise américaine. La hausse récente du prix du pétrole s'explique ainsi avant tout par la baisse du dollar et non par des fondamentaux liés à l'offre ou à la demande.
"Le dollar est tellement bas que les groupes pétroliers doivent augmenter leurs prix pour maintenir leurs marges", ajoute Grant. "Si cette tendance se poursuit, les prix de l'énergie vont grimper et aucun secteur ni aucune place financière ne sera épargné".
Malgré les déclarations officielles, notamment de la Réserve fédérale, sur le thème du dollar fort, une intervention pour soutenir le billet vert reste peu probable en l'absence de risque inflationniste. "Un des principaux mandats de la Fed est de contrôler l'inflation. S'il n'y a pas de poussée inflationniste, elle maintiendra ses taux proches de zéro, ce qui accentuera la pression sur le dollar", estime Ken Grant.
Au prochain sommet du G-20 la semaine prochaine, tout le monde tombera d'accord pour vanter les mérites du dollar fort. Sans que cela soit suivi d'effet.
Le G-20, qui rassemble des pays développés et émergents aux économies très différentes, a peu de chance de proposer une action concertée visant à enrayer la chute du dollar.
A court terme tout au moins, la spirale baissière devrait donc se poursuivre.
-Palash R. Ghosh, Dow Jones Newswires
Publié le 03 novembre 2009 Copyright © 2009 Dowjones





