
par Doug Palmer
WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama se dit "prêt à se battre" pour la création d'une autorité chargée de protéger le consommateur contre les produits financiers risqués face aux groupes de pression qui pourraient se dresser contre ce projet.
"Ces groupes d'intérêts contestent cette réforme alors même que des millions de gens subissent les conséquences de cette crise dans leur vie quotidienne", a déclaré samedi le président américain dans son allocution hebdomadaire radiodiffusée.
"Ces groupes d'intérêts défendent le principe du 'business as usual' alors que c'est ce même principe qui a permis à cette crise de se développer", a-t-il ajouté.
Barack Obama a déclaré que les opposants au projet "se mobilisaient" déjà contre sa proposition de créer une agence de protection financière du consommateur (Consumer Financial Protection Agency, CFPA).
Cette agence est l'un des volets de l'ambitieux projet de réforme de la régulation financière présenté cette semaine par son gouvernement.
La nouvelle agence, dont la création doit être approuvée par le Congrès, aurait un pouvoir réglementaire.
Elle pourrait créer ou interdire des produits financiers, étudier de près des sociétés ou imposer des amendes et autres sanctions à pratiquement toute institution offrant des produits tels que des cartes de crédit ou des crédits immobiliers.
La CFPA pourrait par exemple encadrer la tarification des cartes de crédit, une activité très lucrative pour les banques.
DES OPTIONS COMPRÉHENSIBLES
Les détracteurs du projet estiment que cet organisme affectera l'innovation en termes de produits financiers, augmentera le coût de la régulation, ce qui se répercutera sur le consommateur.
Mais Barack Obama a argué que l'agence permettrait d'aider les consommateurs à décrypter des instruments financiers complexes.
"Aujourd'hui, les gens qui signent pour un crédit, un prêt étudiant ou une carte de crédit sont confrontés à un ensemble déroutant d'options incompréhensibles. Les sociétés rivalisent non pas en offrant les meilleurs produits mais les plus compliqués", a souligné le président américain.
"Le peuple américain m'a mandaté à Washington pour défendre ses intérêts. Et si je ne cherche pas la bagarre, j'y suis préparé."
Le projet de régulation financière, le plus ambitieux depuis les années 1930, devrait être approuvé d'ici la fin de l'année, selon des hauts responsables du Congrès.
L'un des points les plus discutés par les élus du Capitole est l'idée d'octroyer davantage de pouvoirs à la Réserve fédérale, la banque centrale américaine.
Lors d'une audition du secrétaire au Trésor Timothy Geithner jeudi devant le Sénat, plusieurs élus ont souligné que la Fed s'était montrée incapable de mettre fin aux pratiques qui ont débouché sur la crise financière.
Donner des pouvoirs supplémentaires à la Fed, "ce serait comme si un parent offrait à son fils qui vient d'abîmer le break familial une voiture encore plus grosse et plus puissante", a estimé le président de la commission sénatoriale des services financiers, le démocrate Christopher Dodd.
Version française Jean-Stéphane Brosse
Publié le 20 Juin 2009 Copyright © 2009 Reuters




