Mercredi, la BCE a répondu aux critiques selon lesquelles elle ne luttait que mollement contre la crise en procédant à une opération de refinancement sur un an d'un montant record de 442 milliards d'euros.
Pour augmenter la quantité de liquidités en circulation, la BCE ne s'y prend pas comme la Réserve fédérale ou la Banque d'Angleterre, qui achètent des actifs directement.
Son objectif est bien le même et, depuis le début de la crise, son bilan s'est aussi fortement élargi que celui de la Fed ou de la Banque d'Angleterre, mais sa méthode est manifestement plus judicieuse.
La BCE fournit au système bancaire des facilités de financement sans limite de montant, élargit le périmètre des actifs pouvant servir de garantie, et propose des fonds à maturités de plus en plus longues, la dernière en date étant fixée à douze mois. Elle espère que ce système de refinancement conduira les banques à réinjecter ces fonds dans d'autres actifs d'une part, ce qui ferait baisser les taux, et à relancer le crédit d'autre part.
La Fed et la Banque d'Angleterre souhaitent elles aussi faire baisser les taux et encourager l'octroi de crédits. Mais elles ont utilisé une partie de leur arsenal pour se substituer aux banques et procéder directement à des rachats d'actifs, dans l'optique de débloquer les marchés du crédit.
L'avantage de l'approche choisie par la BCE est qu'elle ne nécessite pas de stratégie de sortie de crise très élaborée. Au fur et à mesure que les liquidités à trois mois, six mois et un an arriveront à maturité, le bilan de la BCE se réduira automatiquement.
En comparaison, la Fed et la Banque d'Angleterre ont du mal à expliquer comment elles vont s'y prendre pour absorber les surplus de liquidités qu'elles ont injectées sur le marché, alimentant par conséquent les incertitudes et les craintes inflationnistes.
-Simon Nixon, The Wall Street Journal
Publié le 25 Juin 2009 Copyright © 2009 Dowjones





