THE WALL STREET JOURNAL
Cela fait longtemps que les autorités de régulation disent que les banques vont devoir détenir plus de fonds propres dans l'après-crise, un point de vue défendu particulièrement vigoureusement par les autorités suisses.
L'augmentation de capital de 3,45 milliards de dollars lancée par UBS a tout l'air de répondre à des pressions de la part des autorités helvétiques. Cette opération vient rappeler aux investisseurs, actuellement obnubilés par le rebond des activités de banque d'investissement, de ne pas perdre de vue les risques en matière de réglementation.
La levée de capitaux d'UBS ne semble pas particulièrement répondre à une exigence du marché. Le ratio Tier 1 de 10,5% de la banque suisse était certes inférieur à la moyenne européenne, et son ratio TCE, ou tangible common equity - mesure du capital qui ne retient que les actifs dits tangibles et exclut les actifs incorporels et les actions préférentielles - pouvait paraître faible, atteignant seulement environ 1,8%. Mais UBS détient un portefeuille de prêts beaucoup moins important que ses rivaux, et est donc bien moins exposé à d'éventuelles défaillances ; par ailleurs les pertes non réalisées de son portefeuille de trading commencent à s'effacer grâce au redressement du marché.
UBS s'attend à accuser une perte au deuxième trimestre, mais celle-ci reflète des coûts de restructuration et une appréciation de la valeur de sa propre dette, qui n'affecte pas ses fonds propres. Les bénéfices de ses activités de banque d'investissement ont rebondi, bien que moins que ceux de ses rivaux. Son ratio Tier 1 dépassera 12,4% à la fin du mois de juin.
Cela explique pourquoi UBS n'a eu aucune difficulté à lever des fonds en ne pratiquant qu'une très légère décote. Toutes les actions nouvelles émises, qui ont augmenté le flottant de 8%, ont été placées auprès d'investisseurs institutionnels.
La bonne nouvelle est que cette démonstration de force devrait rassurer les investisseurs, y compris les clients de la branche banque privée d'UBS, qui continuent à retirer leurs fonds. La mauvaise nouvelle est que l'augmentation des ratios de solvabilité va entraîner une baisse du rendement des capitaux propres. Personne ne sait avec certitude quelles restrictions les autorités de régulations vont imposer aux banques en termes de ratios de fonds propres, de taille et de liquidités. Mais le régulateur suisse semble déterminé.
-Simon Nixon, The Wall Street Journal
Publié le 29 Juin 2009 Copyright © 2009 Dowjones





