DOW JONES NEWSWIRES
PARIS (Dow Jones)--La prime de risque, qui mesure l'écart entre la rentabilité attendue des marchés d'actions et celle des actifs sans risque, à savoir les obligations d'Etat, a atteint un niveau historiquement élevé en fin d'année 2008 selon le cabinet d'études Associés en Finance.
La question est désormais de savoir si cette prime de risque indique une sous-valorisation temporaire des marchés d'actions, qui devrait se résorber à terme, où si une nouvelle donne est en train de se mettre en place qui risque de pénaliser durablement l'économie et de concrétiser un scénario noir pour les années à venir.
Selon Associés en Finance, cette prime de risque a récemment frôlé le seuil des 10%, un niveau jamais atteint par le passé. Au plus fort du précédent retournement conjoncturel de 2002-2003 cette prime de risque était montée jusqu'à 8% selon le cabinet d'études et avait atteint 6% après le krach boursier de 1987. En moyenne, elle a plutôt évolué entre 3% et 5% sur les vingt dernières années.
Les investisseurs ont sans doute de bonnes raisons d'afficher unetelle aversion au risque et de rechercher la sécurité des obligations d'Etat au détriment des actions.
La prudence est toujours de mise concernant les bilans des banques, quelques semaines avant la publication des résultats annuels 2008. Quant aux attentes des analystes en termes de résultats hors secteur financier, elles pourraient bien être encore trop optimistes compte tenu du ralentissement économique brutal de ces dernières semaines.
Mais cette prime de risque historiquement élevée pourrait également indiquer que les marchés d'actions sont proches de leur point bas et pourraient bientôt corriger cette anomalie par une progression des cours, qui ferait mécaniquement baisser le rendement exigé sur les actions.
Une telle prime ne paraît en effet pas tenable sur le long terme, car elle implique un coût du capital très élevé pour les entreprises. Ce qui veut dire que les entreprises ne pourront envisager de donner suite à des projets dont la rentabilité est inférieure à celle du coût du capital.
Comme le rappelle la lettre Vernimmen, spécialisée dans la finance d'entreprise, dans sa dernière livraison, "les entreprises ne peuvent pas supporter durablement un coût du capital supérieur au taux de croissance économique inflation comprise majoré du taux de l'argent sans risque". Si tel était le cas, le scénario serait "très fortement récessif et intenable", selon la lettre.
Cette possible "anomalie" pourrait donc être partiellement corrigée dans les prochaines mois, même si l'aversion au risque pourrait demeurer élevée tant que les investisseurs n'auront pas le sentiment que le pire est passé.
En attendant, comme le rappelle Vernimmen, "ceux qui ont les moyens de rester solvables aussi longtemps que le marché restera inefficient n'hésiteront pas à investir". Et de citer Warren Buffet qui estimait que "ne pas le faire avec des primes de risque de 10%, c'est comme garder le sexe pour ses vieux jours".
- Jérôme Batteau, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; jerome.batteau@dowjones.com
Publié le 07 janvier 2009 Copyright © 2009 Dowjones





