
NEW YORK (Reuters) - Les valeurs américaines ont fini la semaine en net rebond vendredi, les investisseurs voulant parier sur une reprise de la consommation grâce à la chute du prix du pétrole malgré la publication de très mauvais chiffres de l'emploi.
L'indice Dow Jones a gagné 3,09% à 8.635,42 points, le Standard & Poor's 500 3,65% à 876,07 points et le Nasdaq Composite 4,41% à 1.509,31 points.
Sur la semaine, le Dow et le S&P affichent un recul de 2,2% et le Nasdaq de 1,7%.
Depuis le début de l'année, le Dow a perdu 35%, le S&P 40% et le Nasdaq 43%.
L'économie américaine a perdu 533.000 emplois au mois de novembre, du jamais vu depuis 1974, le taux de chômage montant à 6,7%. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne 340.000 suppressions de postes pour le mois dernier et un taux de chômage de 6,8%.
Mais le marché, après avoir initialement réagi en nette baisse, s'est redressé dans le courant de la séance, certains investisseurs partant à la pêche aux achats à bon compte.
"Nous savions tous que les chiffres de l'emploi allaient être très mauvais. La question était juste de prendre connaissance de l'ampleur du désastre. Certains pensent que le pire est peut-être passé pour de nombreuses sociétés financières", commente Joe Kinahan, spécialiste des dérivés chez le courtier en ligne Thinkorswim à Chicago.
"Les consommateurs commencent à se sentir mieux parce qu'ils n'ont pas besoin de se délester de 100 dollars chaque fois qu'ils veulent faire le plein", ajoute Angel Mata, chez Stifel Nicolaus à Baltimore.
Les cours du brut ont fini en net repli et sont désormais de retour dans la zone des 40 dollars.
CONSOMMATION ET FINANCIÈRES RECHERCHÉES
Dans ce contexte, les valeurs liées à la consommation ont été recherchées. Wal-Mart Stores s'est appréciée de 5,6% à 58,21 dollars et Home Depot 5,08% à 24,40 dollars. L'indice S&P Retail du secteur de la distribution s'est adjugé 4,4%.
Apple, fabricant de célèbres baladeurs musicaux, s'est avancé de près de 3% à 94 dollars.
Dans le cadre du rebond, les financières ont été particulièrement recherchées, l'indice S&P du secteur rebondissant de 8,6%. Citigroup a gagné 4,19% à 7,71 dollars et Bank of America 6,28% à 15,24.
Les actionnaires de Bank of America et ceux de Merrill Lynch ont approuvé vendredi le projet de rachat de la deuxième par la première. La transaction doit en principe être bouclée d'ici la fin de l'année. Merrill Lynch a fini en hausse de 9,5% à 13,04 dollars.
Hartford Financial Services Group a plus que doublé de valeur en une séance. La société de services financiers a relevé sa prévision de résultat 2008 et indiqué avoir largement assez d'argent pour affronter une nouvelle forte baisse des marchés d'actions.
La valeur a fini sur un bond de 102,36% à 14,59 dollars. Malgré son rebond de vendredi, elle accuse une perte de près de 85% sur un an.
L'indice S&P de l'assurance a gagné 13,5%. Prudential Financial a pris 34,72% à 28,52 dollars.
Même Boeing a réussi à effacer ses pertes initiales liées à une information sur d'éventuels nouveaux retards du 787 Dreamliner. La valeur a grignoté près de 1% à 39,53 dollars.
Aux technologiques, Intel a gagné 4,07% à 13,29 dollars et Microsoft 3,98% à 19,87 dollars.
Du côté des baisses, Orexigen Therapeutics a dégringolé de 35% à 3,51 dollars après avoir annoncé l'arrêt des études à mi-parcours de deux molécules dans le but de conserver des liquidités pour son programme sur l'obésité, plus avancé.
Face aux incertitudes sur le secteur automobile, General Motors a reculé de 0,7% à 4,08 dollars mais Ford a gagné 2,26% à 2,72 dollars.
Chuck Mikolajczak, version française Danielle Rouquié
Publié le 05 Décembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





