
par Charles Mikolajczak
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a clôturé de nouveau en nette baisse lundi, l'annonce par le géant bancaire américain Citigroup d'un plan de suppressions d'emplois plus drastique que prévu ayant attisé les craintes ambiantes sur les perspectives économiques mondiales.
L'indice Dow Jones des 30 principales valeurs a trébuché de 2,63% à 8.273,58 points, l'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 2,58% à 850,75 points et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a lâché 2,29% à 1.482,05 points.
Vendredi, la Bourse de New York avait déjà clôturé en baisse de près de 4% dans le sillage notamment de chiffres catastrophiques des ventes au détail aux États-Unis pour le mois d'octobre.
La séance de lundi a encore été marquée par une grande volatilité, les inquiétudes liées au risque de récession alternant avec la tentation de procéder, aux cours actuels, à des achats à bon compte.
Citigroup, désormais la deuxième banque américaine, a clôturé en forte baisse de 6,6% après avoir annoncé son intention de supprimer à brève échéance 52.000 emplois supplémentaires - 15% des effectifs - pour tenter de restaurer la rentabilité du groupe et de soutenir son cours de Bourse.
L'ensemble des valeurs financières s'en ressent, et l'indice S&P du secteur a lâché 5,99%.
L'INDUSTRIE RÉSISTE, GM REBONDIT
Outre le choc provoqué par Citigroup, l'entrée officielle du Japon en récession, à son tour, est venue apporter une nouvelle preuve que la conjoncture économique continue de se dégrader.
"Il faut se préparer à un tableau économique plutôt sombre à un horizon de six mois", commente John Forelli, gérant chez Independent Investments.
Ces mauvaises nouvelles ont éclipsé au bout du compte l'annonce d'un rebond supérieur aux attentes de la production industrielle américaine le mois dernier, un indicateur qui a toutefois aidé plusieurs géants de l'industrie à se maintenir: Boeing s'est hissé de 0,34% tandis que General Electric a gagné 0,56%.
Le constructeur General Motors (+5,65%) a profité quant à lui de l'approche du débat au Congrès sur un plan d'aide au secteur automobile américain.
En revanche, le distributeur Target a trébuché de 4% après l'annonce d'une chute de près de 24% de son bénéfice trimestriel.
Malgré des vagues passagères d'achats à bon compte qui ont temporairement soutenu la cote, les investisseurs se sont surtout débarrassés des valeurs des entreprises à leurs yeux les plus exposées au ralentissement économique engagé. Aux technologiques, le poids lourd des logiciels Microsoft a perdu 3,7%.
Le géant de l'aluminium Alcoa a dégringolé quant à lui de plus de 10% après qu'UBS eut abaissé sa recommandation sur la valeur à "neutre" contre "achat", conséquence pour la banque suisse de l'effet négatif de l'appréciation du dollar sur les activités du groupe aux États-Unis.
Version française Gilles Guillaume
Publié le 17 novembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





