
par Deepa Seetharaman
NEW YORK (Reuters) - Le pessimisme concernant l'état de santé de l'économie américaine pourrait une nouvelle fois plomber l'ambiance à Wall Street cette semaine dans l'anticipation de la publication, vendredi, des ventes au détail pour le mois d'octobre, désormais attendues en baisse de 1,9%.
La place financière américaine sera par ailleurs attentive à tout indice susceptible de révéler le nom du futur secrétaire d'Etat au Trésor que doit encore choisir le président élu Barack Obama.
Et elle ne manquera pas de réagir à toute initiative prise pour juguler la crise économique mondiale, à l'instar du plan de relance de près de 600 milliards de dollars annoncé par la Chine, alors que les pays du G20 se sont mis d'accord sur la nécessité d'une action coordonnée sans pour autant en avoir finalisé les détails.
Les résultats de Wal-Mart, numéro un mondial de la distribution, mais aussi de JC Penney et de Kohl's, permettront également à Wall Street de se faire une idée sur les habitudes de consommation des Américains en temps de crise.
Les investisseurs ne se font toutefois guère d'illusions puisque bon nombre d'indicateurs semblent suggérer que les ventes durant la période des fêtes tomberont vraisemblablement à un plus bas jamais vu depuis des décennies.
Parmi les autres statistiques macro-économiques attendues cette semaine figurent, comme chaque semaine, les inscriptions hebdomadaires au chômage mais aussi l'indice de confiance Reuters/Université de Michigan mesurant le moral des ménages.
"Ceux qui ne prévoient pas de mauvais indicateurs ont vécu dans une bulle (...)", a déclaré Elliot Spar, stratège marchés chez Stifel Nicolaus & Co.
LE CHOIX DU FUTUR SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU TRÉSOR
Sur l'ensemble de la semaine dernière, l'indice Dow Jones a chuté de 4,1%, le S&P 500 de 3,9% et le Nasdaq Composite de 4,3%.
Le mardi 4 novembre, les indices boursiers américains avaient connu la plus forte hausse quotidienne jamais enregistrée un jour d'élections présidentielles, avant de retomber lourdement le lendemain avec le retour au premier plan des inquiétudes concernant la conjoncture économique.
Dans un contexte de fébrilité des marchés financiers et avec sur les bras l'une des plus graves crises économiques depuis la Grande Dépression des années 1930, la future administration Obama sait déjà que le poste de secrétaire d'Etat au Trésor sera central pour tenter de relancer l'activité aux Etats-Unis.
Parmi les noms qui ont déjà circulé pour le poste, on trouve notamment ceux de Lawrence Summers, qui l'a déjà occupé sous l'ère Clinton, de Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale et de Timothy Geithner, président de la Réserve fédérale de New York.
"Il faut quelqu'un qui a déjà connu une telle situation de crise, qui est capable de trouver des solutions pour en sortir tout en limitant les dégâts sur l'économie réelle", a souligné Lincoln Anderson, économiste chez LPL Financial.
Sur 48 économistes interrogés par Reuters, 26 ont prédit que c'est à Timothy Geithner qu'allait échoir le poste, 14 autres y voyant Lawrence Summers.
Selon les analystes, la nomination du futur secrétaire d'Etat au Trésor devrait se traduire par un rebond des marchés.
Mais un telle évolution pourrait aussitôt être tuée dans l'oeuf si les investisseurs décident de retirer massivement leur argent placé dans des hedge funds. Ils ont jusqu'au 15 novembre pour le faire.
Version française Benoit Van Overstraeten
Publié le 09 novembre 2008 Copyright © 2008 Reuters





