Fissures sur l'A380 : « on a foiré »
(Easybourse.com) Le patron d'Airbus, Tom Enders, a reconnu lundi que la découverte de fissures sur les ailes de certains A380 était un problème « très embêtant ». D'après Der Spiegel, le montant des réparations pourrait avoisiner les 100 millions d'euros.
Les « microfissures » découvertes sur les ailes de plusieurs A380 ne remettent pas en cause la sécurité en vol des appareils, mais elles sont «très embêtantes» pour Airbus qui minimisait jusqu’à présent l’ampleur des réparations et le nombre d’avions concernés.«Nous allons régler le problème des ailes aussi vite que possible. C'est très embêtant», a reconnu lundi Thomas Enders, le patron d’Airbus, à la veille de l'ouverture du salon aéronautique de Singapour. «C'est nous. Nous avons foiré. Nous allons le réparer aussi vite que possible, quel que soit le montant que cela coûte, et c'est encore trop tôt pour le dire», a-t-il ajouté.
100 millions d'euros ?
L'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) avait annoncé la semaine dernière que l'ensemble des 67 Airbus A380 en service dans le monde devaient désormais être inspectés, suite à la découverte de microfissures sur une partie d’entre eux. Ces fissures seraient liées à l'usure prématurée d'une certaine pièce identifiée par Airbus comme "non critique". Outre les A380 en service, une trentaine d’appareils en cours d’assemblage doivent également être inspectés.
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui cite des experts et des sources internes chez Airbus, le coût de ces inspections et des travaux de réparation éventuels pourrait s’élever à «au moins un million d'euros par appareil, soit un coût total de 100 millions d'euros». De quoi grever les bénéfices d’EADS, qui table pour 2011 sur une croissance de son chiffre d'affaires de 4% et un résultat opérationnel supérieur à 1,45 milliard d'euros.
Le titre affiche cependant une hausse de 0,87% cet après-midi à la Bourse de Paris tandis que le CAC 40 gagne 0,14%. EADS profite notamment des prévisions de Boeing sur le marché aéronautique mondial. D’après l’avionneur américain, les compagnies aériennes internationales auront besoin de 33 500 nouveaux appareils d'ici 2030, soit un marché d’environ 4 000 milliards de dollars. Ces commandes porteront principalement sur des monocouloirs comme l’A320 NEO et le 737 MAX…et dans une moindre mesure sur l’A380.
François Schott
Publié le 13 Février 2012
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