Limagrain pourrait récolter les Savanes de Brossard
(Easybourse.com) Limagrain a confirmé être en négociations exclusives pour l'acquisition du groupe Brossard. Ce rachat pourrait permettre à la maison mère de Vilmorin et des Pains Jacquet de compléter sa gamme de produits et de fournir un nouveau débouché à ses producteurs céréaliers.
Limagrain s’est bien lancé dans des négociations exclusives dans le but de racheter le propriétaire de la marque Savane, confirmant ainsi une information du Figaro. La coopérative, qui détient notamment Vilmorin et Jacquet, négocie avec Guy Schumacher qui possède une participation de 77,16% dans le capital de Brossard.Pour autant, rien n’est encore fait, prévient la coopérative, indiquant que «la conclusion de la transaction reste sujette à la finalisation définitive de la documentation juridique adéquate. L’opération, si elle se réalise, donnera lieu au dépôt d’un projet d’offre publique d’achat, en application des dispositions du règlement général de l’AMF».
Dans l’attente de ce projet d’OPA, la prudence est de mise chez le groupe de pâtisserie industrielle. Même s’il n’a pas fait d’annonce officielle et ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet, le groupe Brossard ne dément pas les discussions exclusives avec Limagrain. Il devrait probablement, à son tour, communiquer sur le sujet dans les semaines à venir. L’un des enjeux de Brossard est de trouver un repreneur qui conserverait le management ainsi que la production du groupe, avec un projet industriel cohérent derrière.
Brossard, une belle marque bien référencée dans la distribution
Limagrain, pour qui le rachat de Brossard serait un «objectif prioritaire», pourrait compléter l’offre des Pains Jacquet avec les activités de pâtisserie (Savane, brownie, cake, pain d’épices) et de biscuiterie (biscuits cuillers) de Brossard. Jacquet avait été racheté par Limagrain en 1995, puis complété par les rachats entre 2008 et 2009 du groupe belge Milcamps (gaufres) et de la société Crêperie LeBreton. L’émergence d’une activité pâtisserie permettrait à la coopérative «d'apporter un débouché supplémentaire, à plus forte marge, à ses céréaliers», avance le journal.
Limagrain se présente comme le quatrième semencier mondial grâce à sa holding Vilmorin & Cie, le leader européen en farines fonctionnelles via Limagrain Céréales Ingrédients, et le deuxième boulanger industriel français avec Jacquet.
«Racheter Brossard, c’est aussi faire l’acquisition d’une belle marque, plutôt bien référencée chez les distributeurs, qui a commencé à développer une dimension internationale (essentiellement en Europe). Brossard, c’est aussi des parts de marché et un réseau de distribution», indique un spécialiste du secteur. Le groupe a lui-même décidé de se recentrer sur ses activités historiques de pâtisserie industrielle, plus rentables que ses activités de Surgelés.
Brossard face à une concurrence ardue
L’an dernier, Brossard a ainsi cédé son activité Surgelés à Alfesca (marques Labeyrie, Delpierre...) pour un montant d'environ 24,5 millions d'euros. Cette division Surgelés présentait des problèmes de rentabilité depuis quelques temps. Ce recentrage stratégique devait permettre à Brossard d’accéder à de nouveaux marchés qui pèsent 2 milliards d’euros, c'est-à-dire 7 fois la taille du marché d’alors de Brossard. Cette cession a également permis au groupe d’alléger sa dette. Malgré un travail important mené pour réduire sa dette ces dernières années, Brossard reste toutefois un groupe «raisonnablement endetté», estime le spécialiste. Pour comprendre ces négociations avec Limagrain, Bossard n’avait peut-être «plus les reins financiers pour se développer davantage de son côté. Trouver un repreneur devait être l’une des options de Brossard pour assurer son avenir au mieux», indique le spécialiste.
Sur le marché déjà assez consolidé du biscuit et de la pâtisserie industrielle, l’entreprise Brossard, qui pesait 66,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009-2010, doit faire face à une concurrence de multinationales comme le géant américain Kraft (Lu, Cadbury, Milka) dont le chiffre d’affaires 2010 a atteint plus de 49 milliards de dollars. Ce dernier réalise plus du tiers de son chiffre d’affaires dans les snacks, biscuits et confiseries.
Le groupe américain avait racheté à Danone en 2007 les biscuits Lu, dont le chiffre d’affaires tournait autour de 2 milliards d’euros, pour un montant de 5,3 milliards d’euros. Pour l’éventuel rapprochement entre Brossard et Limagrain, la grande inconnue reste le prix d’acquisition. Même si l’opération ne devrait pas porter sur des rapports comparables à celles de Kraft et Lu, le prix de rachat pourrait être supérieur à la valorisation boursière actuelle de Brossard qui est de 27 millions d’euros. D’autre part, le prix dépendra probablement de la position de Guy Schumacher concernant cette vente : veut-il céder rapidement sa participation, ou souhaite-t-il négocier des conditions particulières et rester actionnaire de Brossard ?
Le titre du groupe Brossard était suspendu mercredi dernier à la bourse de Paris «à la demande de la société et dans l'attente d'un communiqué», a fait savoir l'opérateur boursier NYSE Euronext. La veille, Brossard avait terminé la séance sur un bond de plus de 5%, à 4,91 euros.
C.L.
Publié le 12 Avril 2011





