Bières: un secteur en fermentation
(Easybourse.com) Google n'est pas le seul à se lancer dans de grandes opérations. Après le japonais Kirin qui a racheté début août le second brasseur brésilien, Schincariol, c'est au tour du numéro deux mondial des brasseurs, l'anglais SABMiller, d'annoncer le lancement d'une nouvelle OPA, cette fois hostile, sur son rival australien Foster's. Quant au danois Carlsberg, il présentait ce mercredi les résultats de son second trimestre...
Déjà bien engagée depuis cinq à dix ans, la consolidation du secteur des brasseurs se poursuit. Début août, le brasseur japonais Kirin a en effet réalisé une grosse opération au Brésil, en rachetant 50,45% du brasseur brésilien Schincariol, numéro deux du pays derrière le leader mondial Ab InBev, pour 1,8 milliard d’euros. Une OPA qui ne passe pas inaperçue dans un secteur en quête de nouveaux relais de croissance.Le Brésil représente en effet le troisième marché mondial de la bière, estimé à 30 milliards d'euros, derrière la Chine et les Etats-Unis. Selon les données fournies par le cabinet d'études et d'analyses Euromonitor International, les ventes devraient y progresser au rythme attrayant de 4% par an entre 2010 et 2015. Il s'agit ainsi du second marché le plus dynamique du secteur, derrière la Chine mais devant l'Inde et le Vietnam.
Poursuite de la consolidation
L'idée semble faire des émules. Ce matin, le numéro deux mondial du secteur, l'anglais SABMiller, a indiqué lancer une nouvelle OPA, hostile cette fois, sur son concurrent australien Foster's. Pour mémoire, le brasseur britannique avait déjà formulé une première proposition, rejetée, suite à la scission des divisions bière et vin du groupe australien début 2011. Cette séparation visait alors à alléger le groupe de l’activité vin, en nette perte de rentabilité.
La réponse ne s'est pas faite attendre du côté australien. La direction de Foster's a en effet répliqué en jugeant que l'offre de rachat à 4,90 dollars australiens (3,57 euros) par action était insuffisante pour mériter son attention. Déjà critiquée par ses propres actionnaires pour l'échec des discussions entamées en juin dernier, la direction de Foster's devra donc faire face à une attaque plus franche de l'anglais qui a indiqué vouloir s'adresser "directement aux actionnaires du groupe australien", avec une proposition en numéraire.
Pour l'heure, l'OPA est fixée au même montant qu'en juin, valorisant ainsi le brasseur australien à près de 7 milliards d'euros.
D'un point de vue stratégique, l'opération permettrait à SABMiller de récupérer les marques Carlton & United Breweries (Asahi, Corona, Stella Artois...), ce qui lui permettrait de compléter son portefeuille déjà bien garni avec les bières Grolsch, Miller Genuine Draft, Peroni Nastro Azzuro ou encore Pilsner Urquell.
La reprise se fait attendre
Enfin, autre information d'importance dans le secteur, la publication des résultats du second trimestre du brasseur danois Carlsberg faisant notamment état d'une chute brutale de son bénéfice d'exploitation. Relançant la question des nouveaux vecteurs de croissance, le groupe a précisé dans un communiqué que cette baisse de résultat était le fruit d'une moindre activité en Russie.
Le marché russe, où le groupe réalise encore près de 40% de ses ventes mondiales de bières, s'est en effet contracté d'environ 2% au deuxième trimestre, a-t-on appris.
Le numéro quatre mondial du secteur a d'ailleurs abaissé ses prévision de croissance annuelle, et table désormais sur un bénéfice net ajusté en hausse de 5 à 10% sur 2011, contre plus de 20% prévus initialement.
NS
Publié le 17 Août 2011





