Citigroup : Vikram Pandit nommé président
(Easybourse.com) La crise de succession à la tête de la plus grande banque mondiale est terminée : Citigroup est parvenue à nommer, à l’issue du conseil d’administration de la banque réuni lundi et mardi, Vikram S.Pandit directeur exécutif et Win Bischoff comme président. Une décision attendue, mais qui ne manque pas de décevoir les investisseurs, qui misaient plutôt sur un «outsider» de qualité pour relever la banque. Première mission capitale pour le nouveau visage de Citi : restaurer une confiance rudement mise à l'épreuve ces derniers mois.
Exit Charles Prince, démissionnaire le 4 novembre sous la pression des actionnaires mécontents de sa gestion de la crise de cet été, bienvenu à Vikram Pandit comme nouveau directeur exécutif et à Win Bischoff comme président.
Vikram S.Pandit : ni ancien de Cititgroup, ni outsider
La nomination de ce dernier n’est pas une surprise même si elle déçoit. Par contre, la nomination de Win Bischoff comme président n’était pas envisagée par la presse outre-Atlantique : venu du sérail et ancien président exécutif de la maison, il va remplacer le président intérimaire Robert Rubin, ancien secrétaire d’Etat au Trésor qui retourne à ses postes de membre du conseil d'administration de Citigroup et président du comité exécutif. C'est lui que certains auraient aimé voir rester à la tête de Citigroup.
La nomination de Vikram S.Pandit, un ancien de la banque Morgan Stanley, fait suite à son arrivée dans Citigroup il y a tout juste cinq mois lorsque son fonds privé de retraite Old Lane Partners a été racheté par la première banque du monde pour 800 millions de dollars.
Pour expliquer le choix du conseil d'administration, son président Robert Rubin a relevé dans un communiqué «la grande expérience de dirigeant» de M. Pandit, en dépit de son relatif jeune âge (50 ans), associée à une grande capacité d'analyse stratégique.
«Il a gagné le respect des gérants, comme des responsables du conseil d'adminstration, pour son intelligence incisive et pour sa capacité à prendre en compte risques et opportunités en prenant et en mettant en oeuvre des décisions difficiles», a fait valoir M. Rubin.
Une nomination express qui ne fait pas l’unanimité
Vikram Pandit a fait ses preuves au sein de la Morgan Stanley puis à la tête de son propre fonds racheté par Citigroup. Il est donc compétent et convaincant, mais pas au point de prendre la tête de Citigroup ? D’aucuns le pensent qui soulignent son absence d’expérience dans la gestion d’une entreprise aussi grosse et complexe que Citi.
Certains investisseurs caressaient l’espoir que quelqu’un d’autre soit nommé : «Il y avait un certain espoir qu’un plus grand nom soit choisi donc il y a certainement de la déception», explique Lee Delapaorte, directeur de recherche au Dreman Value Management.
Ou encore que soit nommé Robert Willumstad, président de American International Group et ancien chef des opérations à Citi ou le président de Barclays, Bob Diamond, ou le président de Wells Fargo, Richard Kovacevich.
Pandit va devoir retrouver la confiance perdue des actionnaires et des investisseurs dans la plus grande banque du monde, après que celle-ci ait annoncé en novembre des pertes de 11 milliards de dollars pour le quatrième trimestre.
L’action de Citigroup réagissait hier à une double annonce : celle de son changement de personne et à l’annonce de la baisse modeste des taux d’intérêts par la Fed, et plongeait de 4,2%, à 33,30 dollars à la clôture.
Laure Gaillard
Publié le 12 Décembre 2007







