Michelin sait décidément rouler par tous les temps. Sur un marché des pneumatiques plutôt morose en 2012, le groupe français a une nouvelle fois tiré son épingle du jeu. Son résultat opérationnel a progressé de 25%, à 2,4 milliards d’euros, alors même que ses volumes étaient en baisse de 6,4%, conséquence d’une demande « atone » au second semestre. Le chiffre d’affaires s’est étoffé à 21,4 milliards (20,7 milliards en 2011) et le bénéfice net à 1,57 milliard (1,46 milliard en 2011).

Ces bons résultats sont le fruit « d’une politique de prix efficace, d’une présence mondiale, d’une rentabilité structurellement élevée pour les pneus de spécialités (et) du redressement de la rentabilité de l’activité pneus Poids lourd, malgré un marché en net recul », indique le groupe dans un communiqué.

La marge opérationnelle s’est ainsi améliorée de 2 points à 11,3% des ventes nettes. Le groupe a notamment profité de son positionnement « haut de gamme » ainsi que d’une forte présence sur les marchés émergents, ce qui lui a permis de compenser la baisse de ses ventes en Europe.

Nouveaux investissements

« Dans un environnement de marchés incertain dans les pays matures, et en croissance dans les nouveaux marchés, Michelin vise des volumes stables en 2013 compte tenu de sa présence mondiale », précise le communiqué.
Les cours de matières premières devraient rester stables sur le premier semestre, entraînant un nouvel effet favorable de 350 à 400 millions d’euros sur le résultat opérationnel qui sera partiellement compensé par l’effet des clauses d’indexation sur les activités de première monte et de Génie civil.

Après la forte amélioration de 2012, le résultat opérationnel est attendu stable cette année compte tenu de « la mise en place de nouvelles capacités de production dans les zones de croissance, dont le démarrage pèsera sur les coûts ». Le groupe vise par ailleurs une rentabilité des capitaux employés supérieure à 10 % et la génération d’un cash flow libre positif. Il proposera un dividende de 2,40 euros par action au titre de l’exercice écoulé, après 2,10 euros en 2011.

Ces perspectives jugées timides entraînent des prises de bénéfices mardi. Vers 11h20, le titre perd 3,6% et prend la lanterne rouge du CAC 40.