Ce ne sont pas des chiffres en béton, mais ils sont plutôt encourageants. Lafarge, premier cimentier mondial, a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 15,2 milliards d’euros (+3%) pour un bénéfice opérationnel de 2,2 milliards (-9%). La rentabilité s’est redressée au quatrième trimestre sous l’effet conjugué de la croissance des volumes vendus, de prix en hausse, et de mesures de réductions des coûts.

Pour 2012, Lafarge anticipe une hausse du marché mondial du ciment comprise entre 1 et 4%, et prévoit une progression des prix soutenue par la demande des pays émergents. L’inflation des coûts devrait en revanche être plus modérée qu’en 2011.

Le groupe, qui a annoncé au début du mois 460 suppressions d'emplois dans le cadre d'une réorganisation opérationnelle, indique avoir atteint son objectif de réduction de l’endettement net de 2 milliards d’euros en 2011. Cet objectif était prioritaire dans la mesure où Lafarge a été classé comme « investissement spéculatif » par Moody’s en raison justement du poids de sa dette.

Message positif

«L'endettement net du Groupe continuera à baisser en 2012 grâce à la mise en oeuvre d’actions visant à maximiser nos cash flows opérationnels. Parallèlement à l’exécution du programme d’économies de 500 millions d’euros, nous agirons sur nos prix de vente en réponse à l’inflation des coûts. Par ailleurs, nous poursuivrons nos efforts de réduction des investissements à hauteur de 800 millions d’euros, réaliserons plus d’un milliard d’euros de nouveaux désinvestissements stratégiques, et proposons de réduire le dividende à 50 centimes d’euro par action», a indiqué le PDG Bruno Lafont, cité dans un communiqué.

«Le message du groupe est positif envers le marché concernant les efforts internes pour sortir du tunnel et commencer à redresser sa rentabilité», commentent les analystes de Natixis, même si le bénéfice net, impacté par une dépréciation d’actifs en Grèce, ressort en baisse de 28% à 593 millions. «L’earning momentum (évolution des bénéfices) devrait, pour la première fois depuis 4 ans, arrêter de se dégrader, sauf « double dip » ou fort ralentissement dans les pays émergents», précise Natixis.

Vers 11h45, le titre signe la plus forte hausse du CAC40, +5,4%.