Ce devait être la fusion de l'année dans le secteur de la publicité donnant naissance à un nouveau numéro un mondial. Publicis et Omnicom resteront finalement numéro deux et trois, derrière le britannique WPP. Ils ont confirmé vendredi qu’ils renonçaient à leur mariage «compte tenu des difficultés à réaliser cette opération dans des délais raisonnables». 

«Les difficultés encore à surmonter ajoutées à la lenteur du processus ont créé un niveau d’incertitude préjudiciable aux intérêts des deux groupes, de leurs salariés, de leurs clients et de leurs actionnaires. Nous avons donc décidé ensemble de reprendre notre route de manière indépendante. Nous resterons bien sûr des concurrents tout en conservant l’un pour l’autre un très grand respect», écrivent dans un communiqué Maurice Lévy, Président du Directoire de Publicis Groupe et John Wren, Chief Executive Officer d’Omnicom.

L’opération, annoncée en juillet dernier, devait être bouclée au premier trimestre 2014. Mais les difficultés se sont accumulées au fil des mois, les deux groupes n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur le nom du futur directeur financier ni sur les modalités concrètes de la fusion. Celle-ci était d’ailleurs controversée. Certains analystes la jugeaient nécessaire pour permettre aux deux groupes de faire face à la concurrence des géants du web (Google, Facebook, etc). D’autres en revanche estimaient que la réunion de ces deux poids lourds risquait de créer des conflits d’intérêt au sein de leurs clientèles respectives et pourrait entraîner la
perte de certains budgets.

La réaction du marché parisien est plutôt positive ce vendredi, le titre Publicis gagnant 1,2% en milieu de matinée. La bonne nouvelle est que le groupe ne devrait pas quitter la France, contrairement à ce qui était prévu dans le cadre de la fusion avec un transfert de son siège à Amsterdam.