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Interview de Thomas Reynaud : Directeur financier et directeur du développement du groupe Iliad

Thomas Reynaud

Directeur financier et directeur du développement du groupe Iliad

«Nous tablons sur une base de 3,25 millions d’abonnés à la fin de l’année et de 4 millions d’abonnés d’ici 2010»

Publié le 14 Mars 2008

Vos résultats sont ressortis en hausse. Quels ont été les moteurs de cette croissance ?
2007 a été une année record pour le groupe Iliad,  en termes de recrutement (+626 000 nouveaux abonnés), d’usage (les fonctionnalités de la free box sont de plus en plus utilisées), de croissance (+30% pour le chiffre d’affaires, pour la première fois le groupe a franchi le seuil du milliard), enfin, ce fut une année record d’un point de vue financier (la marge Ebitda du groupe Iliad est la plus élevée du secteur en Europe).

Dans ce contexte de dégradation de la conjoncture économique et de crise financière, quelles sont vos prévisions pour 2008 en termes de résultats et de nombre d’abonnés ?
Nous tablons sur une base de 3,25 millions d’abonnés à la fin de l’année et de 4 millions d’abonnés d’ici 2010. Nous visons des niveaux de marges encore plus élevées.

Pour cela, nous mettrons l’accent sur la qualité de notre offre. Nous avons pris un certain nombre de mesure afin d’avoir une meilleur offre audiovisuelle. Nous sommes les seuls à proposer à nos abonnés l’enregistreur numérique gratuitement, à proposer autant de destinations gratuites dans la téléphonie. 

Quels seront les services qui dynamiseront votre activité en 2008 ?
Aujourd’hui un abonné souscrit à notre offre qui est de 29,99 euros. Par ailleurs, il choisit un certain nombre de services à valeur ajoutée : la téléphonie sur IP, la VOD, la possibilité de faire garantir son PC par free, un antivirus…
Ces services représentent presque un quart de notre chiffre d’affaires et ont vocation à croître.

Qu’en est-il de la téléphonie mobile et du Wifi dans votre offre ?
Depuis près d’un an et demi, le groupe a clairement affiché son intention d’entrer dans le marché du mobile. Il existe une forte complémentarité avec nos activités actuelles.
Nous nous adressons à un marché de l’ADSL qui a représenté près de 5 milliards d’euros en 2007. Nous souhaitons investir le marché connexe du mobile qui s’élève à 200 milliards d’euros et que se partagent pour le moment trois opérateurs.
Nous considérons que nous disposons de plusieurs atouts nous permettant d’attaquer à notre tour ce marché : une marque forte, une importante base d’abonnés, les moyens financiers puisque nous avons un bilan extrêmement solide.

Où en êtes-vous dans le déploiement de votre réseau de fibre optique ?
Ce déploiement avance rapidement. Nous avons pris l’engagement de couvrir Paris à hauteur de 75% d’ici la deuxième moitié de l’année 2009. Nous tablons sur un objectif à l’horizon 2012 de 4 millions de foyers en France connectés au réseau de fibre optique de free.

Il n’y a donc pas d’obstacles particuliers ?
Le déploiement de ce réseau n’est pas une course de vitesse. C’est un investissement important de 1 milliard d’euros sur les cinq prochaines années.
Un an après l’annonce du déploiement de ce réseau, il est possible de dire que nous avançons conformément à ce que nous attendions.

Quel regard portez-vous sur la consolidation du secteur Internet et comment Iliad s’inscrit-il dans ce mouvement ?
Le groupe Iliad a pleinement bénéficié de la consolidation. Nous étions une quinzaine d’acteurs sur le marché parmi lesquels : Telecom Italia, Belgacom, Vivendi, AOL…
Cinq ans plus tard, nous sommes quatre acteurs. Free a continué à avoir une croissance organique très significative et a bénéficié du taux de désabonnement conséquent chez nos concurrents qui fusionnaient entre eux. En quelque sorte, nous avons été vainqueur de cette consolidation.
D’ailleurs, il est intéressant de noter que nous avons été le seul opérateur du marché à gagner des parts de marché l’année dernière.

De quelle manière appréhendez-vous la concurrence avec l’opérateur historique notamment dans le domaine du dégroupage ?
Nous souhaitons bien entendu intensifier la concurrence sur ce plan. Il est alors nécessaire que les tarifs évoluent en fonction de l’évolution du marché. 

Confirmez-vous votre intérêt pour Alice ?
Que Free achète ou non Alice, la consolidation sera bénéfique pour le groupe. A présent, bien entendu nous regardons le dossier avec attention et pragmatisme.
Ainsi, si nous avons de l’intérêt pour Alice, nous ne ferons pas de folie pour Alice.

Avez-vous d’autres projets d’acquisition en vue ?
Free se situe dans une situation financière extrêmement solide. Nous n’avons pas de dette à notre bilan et ce faisant, nous sommes probablement l’opérateur le moins endetté d’Europe.
Notre taux d’endettement est dix fois inférieur à la moyenne du secteur.
Par ailleurs, nous avons une visibilité très forte sur notre génération de chiffre d’affaires, notre génération de marges et notre génération de cash.
Le déploiement de notre réseau de fibre sur les cinq prochaines années sera totalement autofinancé par nos activités existantes, notamment nos activités liées à l’ADSL.

Enfin, du fait justement de la solidité de notre bilan et de l’absence de dette, il nous est possible de recourir à l’endettement à moindre coût.

Le mot de la fin pour vous actionnaires ?
Nous sommes les seuls à gagner des parts de marché, nous avons le taux de désabonnement le plus faible, notre offre a été reconnue comme la meilleure en termes de qualité de service dans le cadre d’un certain nombre d’études indépendante.
Aujourd’hui, il n’y a aucun doute, Free est la meilleure offre du secteur.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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