Total veut rattraper son retard dans le solaire
(Easybourse.com) Le groupe pétrolier français concrétise depuis quelques temps ses ambitions en matière d'énergie solaire. Mais face à la pression sur les prix exercée par les industriels asiatiques, et chinois en particulier, les dernières annonces de Total esquissant les contours de la stratégie du groupe en la matière apparaissent bien minces, pour ne pas dire déjà dépassées…
Le train de l’éolien avait beau siffler, il est passé sous le nez du leader français des produits pétroliers et gaziers, Total. Celui de l’énergie solaire, déjà en marche rapide, ne pouvait pas être raté. Voilà en substance ce que l’on pourrait dire de la stratégie de Total dans le développement des énergies renouvelables. Du haut de sa montagne d’hydrocarbures, le groupe dirigé par Christophe de Margerie souligne d’ailleurs qu’«à long terme, les énergies fossiles ne suffiront pas à répondre à la demande énergétique».
En dépit de résultats plus qu’enviables -hausse de 32% du résultat net sur les trois derniers mois, à près de 3,2 milliards d’euros- nombreux sont les analystes à dénoncer le manque d’ambition du groupe. Le pétrolier multiplie donc les annonces tonitruantes afin de convaincre une opinion publique, peut élogieuse à son égard, de ses nouvelles résolutions : se développer dans l’énergie solaire, la biomasse et le nucléaire.
Concrètement, cette nouvelle impulsion s’est déjà traduite par quelques évènements marquant : laissant de côté son partenariat avec GDF-Suez dans Photovoltech, Total a décidé d’investir quelques 10 millions d’euros dans la construction d'une usine de panneaux solaires à Porcelette, en Moselle, pour une mise en service au second trimestre 2012 ; le groupe a par ailleurs investit dans l’américain AE Polysilicon (AEP) qui produit du silicium ; enfin selon nos confrères des Echos, Total serait prêt à monter à 100% au capital de Tenesol Technologie, où se trouve déjà EDF.
Mais dans le monde radieux du photovoltaïque, Total devra faire face à la pression très forte qu’exercent déjà les industriels asiatiques, chinois en particulier. De fait, en 2009, la présence de plus en plus importante de ces derniers sur le marché s’est traduite par une baisse de 40 à 60% des prix des plaquettes de silicium.
Pour Bertrand de la Noue, directeur de la communication financière du groupe, le problème n’est pas insurmontable, Total visant à développer «la recherche technologique pour abaisser les coûts et permettre de progresser dans le taux énergétique de l’énergie solaire». En clair, les systèmes photovoltaïques peuvent actuellement convertir en électricité de 15 à 20% de l’énergie des photons, or Total espère à terme pouvoir monter ce pourcentage à 84%...
Cela étant, on pourra encore se demander si les moyens mis en œuvre seront à la hauteur des objectifs, sachant que pour l’heure, les investissements consentis par Total s’élèvent à 2 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, contre 150 milliards dans le pétrole dit «classique» et de seconde génération (sables bitumeux etc.). Comme l’a répété Bertrand de la Noue, «Total est une entreprise de pétrole et de gaz, et entend le rester». On le croit volontiers.
Nicolas Sandanassamy
Publié le 25 Novembre 2010







