Vallourec dégringole en bourse, son Président Philippe Crouzet reste serein
(Easybourse.com) Vers 11h30, le titre du spécialiste des tubes d'acier sans soudure chute de près de 16% sur le marché parisien. Vallourec signe ainsi la plus forte correction du Cac 40. En cause, notamment, le niveau de la marge inférieur à ce qu'anticipaient de nombreux analystes.
La marge de Vallourec s'est établie à 19,7% contre 23,6% au deuxième trimestre 2010. Selon le consensus, les analystes tablaient sur une marge de 21,2%.Trois facteurs ont particulièrement pesé sur cette marge, deux facteurs macroéconomiques et un facteur lié aux projets du groupe.
La société a tout d’abord été victime du taux de change. «L’euro a beaucoup monté par rapport au dollar. Nous vendons beaucoup en zone dollar des produits que nous fabriquons en zone euro. Cela nous coûte » explique ce matin Philippe Crouzet, le président du directoire du groupe sur BFM Business.
Par ailleurs la société a subit de plein fouet la hausse des prix des matières premières. Dans l’univers de la sidérurgie, minerais de fer ou ferraille, la tendance haussière a été particulièrement prononcée.
«Même avec du retard, les hausses de prix sont passées jusqu’à présent sans difficultés. Nous avons bien l’ambition de compenser progressivement l’intégralité de la hausse des couts liés aux matières premières » rassure cependant le dirigeant de Vallourec.
Enfin, le groupe a lourdement investi en bas de cycle, notamment au Brésil, aux Etats-Unis et en France afin de monter en capacité de production et de suivre la demande. «Nous sommes saturés sur l’ensemble de nos usines. Nous devions nous donner une plus grande marge de manœuvre».
La mise en activité de ces nouvelles capacités a entrainé un important coût de démarrage.
Cap sur le Brésil et l’Afrique de l’Ouest
Philippe Crouzet explique ce jeudi dans La Tribune que son groupe devrait retrouver le chiffre d'affaires d'avant-crise en rythme annuel à partir de 2013.
Pour cela, le groupe compte notamment s’appuyer sur ses activités au Brésil où il a été décidé de créer une deuxième usine d’exportation. «C’est l’existence de ressources abondantes, et la position géographique favorable au Brésil qui nous ont amené à opter pour la création de cette nouvelle usine» précise Philippe Crouzet.
Cette usine devrait également permettre de libérer de la capacité sur l’usine nationale déjà existante qui sert le géant pétrolier Petrobras ainsi que d’autres acteurs locaux.
Vallourec n’exclut pas, par ailleurs, de s’implanter en Afrique de l’Ouest. Selon le président du directoire, les nouvelles découvertes qui ont bouleversé la donne énergétique au Brésil pourrait aussi se faire en Afrique de l’Ouest.
«Autrefois, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique du Sud faisaient partie du même continent. Il est très probable que nous trouvions les mêmes formations géologiques au Gana ou dans l’Angola au cours des prochaines années ».
Ceci étant, Philippe Crouzet admet que les conditions d’exploitation très difficiles, très techniques, supposent un environnement d’affaires favorable qui n’existe peut être pas encore dans ces pays.
Un doublement du chiffre d’affaires dans le nucléaire d’ici 4 à 5 ans
Les ambitions de Vallourec continuent d’être immenses sur le marché du nucléaire.
La société veut profiter du programme de maintenance destiné à permettre de prolonger la durée de vie des centrales françaises. Il compte sur ses liens déjà existants avec Edf et Areva. « Ce programme est un immense programme, presque aussi immense que le programme chinois qui concerne des centrales nucléaires nouvelles ».
Le groupe aurait également des vues sur les projets nucléaires envisagés au Royaume-Uni.
Les remises en cause des programmes nucléaires envisagés dans des pays aussi importants que l’Allemagne ou le Japon à la suite de l’incident de Fukushima n’inquiètent pas outre mesure le responsable de Vallourec. « Sortir du nucléaire, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il faut trouver par quoi remplacer cette source d’énergie ».
En dépit de la désaffection des investisseurs aujourd’hui pour le titre, Stéphane Cadieu directeur de la gestion chez Federal Finance Gestion, interrogé par nos soins, avance Vallourec comme étant une de ses principales convictions du moment. «La société est très peu endettée. Elle réalise près du tiers de son CA aux Etats-Unis et donc bénéficie des restrictions anti dumping sur les importations chinoises qui lui permettent d’avoir une faible concurrence et de gagner des parts de marché.
Par ailleurs Vallourec profite de la découverte champs pétroliers et gaziers au Brésil qui vont nécessite de lourds investissements. Fin 2010, la société française a d’ailleurs lancé une joint venture avec le japonais Sumitumo qui est entré en activité au quatrième trimestre 2010.
Grâce à ces différents leviers, les anticipations de croissance de profits attendus sont de plus de 40% en 2012.
La valeur se paie environ 5 fois les résultats, ce qui est très faible. La société a souffert de la baisse de son activité dans la division power generation qui vend des tubes à toute l’industrie des utilities. Le management a annoncé à l’occasion de la présentation résultats du premier trimestre, que l’activité commerciale sur ce segment était repartie et que le carnet de commande, qui avait chuté de 70%, était à nouveau en hausse».
Imen Hazgui
Publié le 28 Juillet 2011







