UE : accord sur un embargo sur le pétrole iranien
(Easybourse.com) Les pays de l'Union européenne seraient parvenus à un accord pour décréter un embargo sur le pétrole iranien. Des discussions sont encore nécessaires pour fixer le début et les modalités de cet embargo.
La décision était attendue. Elle a fini par tomber aujourd’hui. En vue de répondre à la menace grandissante que représente l’Iran sur le plan nucléaire, les pays de l’Union européenne ont décidé de suivre la voie des Etats-Unis et de décréter un embargo sur le pétrole iranien.Certains pays européens affichaient une réticence comme la Grèce qui dépend plus du pétrole iranien que les autres.
L’Iran représente une production de pétrole brut d’environ 3,5 millions de barils par jour. C’est le deuxième producteur de l’OPEP derrière l’Arabie Saoudite. Le pays exporte un peu moins de 2,5 millions de barils par jour. La part de l’Europe dans ces exportations s’élève à 20%.
Cet embargo a conduit le prix du pétrole brent à augmenter de 0,92% à 113,10 dollars et celui du pétrole WTI de 0,29% à 103,23 dollars.
Cette décision ne devrait pas être suivie par les pays émergents, notamment les pays asiatiques. La Chine qui a finalisé son programme d’achat de pétrole pour cette année a décidé, de son coté, de descendre de 50% ses importations de pétrole depuis l’Iran. Cette baisse des importations du pétrole iranien est cependant davantage due à une moindre dépendance structurelle qu’à une sanction.
Les représailles de l’Iran ?
A ce jour le pays menace de bloquer l’accès au détroit d’Ormouz. «Il pourrait le faire techniquement mais pas longtemps. Les autres pays du monde, notamment les Etats-Unis, l’empêcheraient de tenir ce blocage dans la durée » estime Francis Perrin, directeur de la rédaction du magazine Pétrole et Gaz Arabes, professeur au Centre arabe d'études pétrolières et directeur de la conférence SolarMed.
Pour ce dernier, les dirigeants iraniens ont conscience des répercussions qu’un blocage du détroit pourrait avoir. «Cela pourrait amener une riposte de la part d’une coalition de grandes puissances occidentales. L’Iran n’y a pas intérêt. Un véritable blocage n’interviendrait vraisemblablement que si l’Iran était attaqué sur le plan militaire par les Etats-Unis et/ou par Israël, pas dans le cas d’un simple embargo».
Une attaque militaire contre l’Iran est pour l’heure un risque limité. «L’administration Obama n’a pas la volonté d’attaquer l’Iran, dans la mesure où les avantages liés à cette attaque seraient bien moindre que les inconvénients » assure Francis Perrin.
Ceci étant, il n’est pas exclu qu'Israël finisse par décider de frapper en 2012, s’il estime que le danger lié à l’avancement du programme nucléaire iranien constituerait pour lui une «menace existentielle».
I.H.
Publié le 04 Janvier 2012
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