Affaire Uramin : Areva fait machine arrière ?
(Easybourse.com) A peine une semaine après le lancement des hostilités, devant la justice, entre Areva et son ancienne patronne Anne Lauvergeon, que déjà les premières tentatives de retour en arrière apparaissent. D'après les Echos, le comité du conseil de surveillance d'Areva n'aurait en effet rien trouvé contre l'ex-PDG du groupe dans les conditions d'acquisition d'UraMin.
Rien à reprocher à Anne Lauvergeon ? Pas vraiment, à moins que… Le comité du conseil de surveillance d’Areva doit rendre son rapport sur «les conditions d'acquisition et d'exploitation» de la société canadienne UraMin d’ici mercredi. Et à en croire le quotidien Les Echos, ce rapport ne devrait pas aboutir à une procédure pénale, bien qu’il remette en question la gestion d’Anne Lauvergeon dans ce dossier.Pour mémoire, Areva a fait l’acquisition d’UraMin en 2007 pour 1,8 milliard d’euros. L’objectif du groupe était alors d’assurer l’approvisionnement en uranium à bon prix. Las, quelques années plus tard, la baisse des cours d’uranium et le niveau plus bas que prévu des ressources du principal gisement détenu par UraMin en Namibie, ont conduit Areva à passer en décembre dernier 1,5 milliard d'euros de dépréciation sur UraMin.
Reste que pour le comité en charge de l’audit sur le rachat de la société minière canadienne, tout porte à croire que l’ancienne patronne du groupe nucléaire n’a rien à se reprocher du point de vue juridique. Seule la gouvernance est remise en cause par les auditeurs, qui estiment qu’il y aura «des enseignements à en tirer».
Des sources proches affirment d’ailleurs qu’Areva serait enfin prêt à verser à Anne Lauvergeon ses indemnités de départ. Mais le contexte est encore lourd. Dans un entretien au JDD, René Ricol qui avait examiné les comptes du groupe en 2010, qualifie en effet de «pratiques totalement inacceptables» la mise sous surveillance par un détective mandaté par Sébastien de Montessus, alors responsable du pôle minier chez Areva, du mari d’Atomic Ann, Olivier Fric et ce, alors que sa compagne était toujours en poste à la tête du groupe nucléaire.
De son côté et répondant au Monde, Anne Lauvergeon s’est dite «consternée et triste de la cabale menée contre [elle]», et met en cause le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le patron d’EDF Henri Proglio et même un ancien président d’EDF, François Roussely dont le rapport sur l’état actuel de la filière électronucléaire française reste une référence.
Pour Anne Lauvergeon, «l’acharnement» dont elle s’estime victime trouverait ainsi sa source dans les refus répétés qu’elle opposait aux tenants d’une fusion Alstom-Areva, d’un transfert de tous nos droits de propriété intellectuelle au niveau mondial à l'industrie chinoise dans le cadre d’un partenariat visant la conception et la fabrication d’un réacteur de troisième génération franco-chinois de moyenne puissance (1 000 MW), ou encore, de ventes «à certains pays un nucléaire "bas coût-basse sûreté" dont on n'aurait pas voulu en France».
A Paris , le titre Areva prenait 3,53% à 19,05 euros vers 15h.
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Publié le 13 Février 2012







