Grand emprunt: l'Etat ne fera pas appel aux Français
(Easybourse.com) Le grand emprunt prévu pour début 2010 et qui doit financer les investissements de la France dans la recherche, l’enseignement supérieur, la croissance verte ou encore le haut débit sera souscrit uniquement sur les marchés, a affirmé hier Michel Rocard. La commission qu’il préside avec Alain Juppé proposera de fixer son montant à 35 milliards d’euros.
Les modalités du grand emprunt voulu par Nicolas Sarkozy pour financer les investissements de l’Etat français dans les «secteurs d’avenir» se précisent.
Dans une interview accordée au journal gratuit Direct Matin, Michel Rocard, co-président de la commission sur le grand emprunt, a écarté la souscription directe auprès des Français comme ce fut le cas en 1952 de l’emprunt Pinay ou en 1993 de l’emprunt Balladur.
«Nous lèverons tout auprès des marchés, sans doute en deux fois, mais avec une sélection de secteurs», précise l'ancien Premier ministre socialiste. «Pour lever auprès des particuliers, il faudrait les allécher, ce qui coûte plus cher. Ça ne vaut pas le coup.»
Montant proposé : 35 milliards d'euros
Ce matin sur France Info, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, a appuyé les propos de M. Rocard en soulignant que l’appel aux marchés «coûte généralement moins cher qu'un grand emprunt qui s'adresse à l'ensemble de nos concitoyens».
Le montant proposé par la commission sera de 35 milliards d’euros, a précisé Alain Juppé sur RTL. «Ces 35 milliards auront un effet de levier puisque nous souhaitons que des fonds privés viennent abonder les fonds d'Etat. Et donc c'est un ensemble d'investissements qui peut atteindre 60 milliards. C'est tout à fait considérable», a ajouté l’ancien Premier ministre.
La commission sur le grand emprunt doit rendre son rapport jeudi au Président de la République. L’Elysée devra trancher sur le montant exact de l’emprunt, alors qu’une partie des députés UMP a réclamé une souscription de 50 à 100 milliards d’euros.
Le grand emprunt devra ensuite être approuvé par le Parlement dans le cadre d’une loi de finances rectificative, attendue début 2010.
F.S.
Publié le 18 Novembre 2009





