L'OCDE et Moody's se montrent critiques sur le grand emprunt
(Easybourse.com) L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’agence de notation financière Moody’s ont une lecture légèrement différente du grand emprunt qui doit être lancé en France début 2010, mais toutes deux soulignent ses conséquences néfastes sur les finances publiques.
«Le programme de dépenses supplémentaires à long terme [de la France], qualifiées de productives financées par un grand emprunt (…) risque d'être procyclique, dans la mesure où elles interviendront trop tard pour contribuer à la reprise et rendra encore plus difficile l'indispensable assainissement des finances publiques , affirme l’OCDE dans ses perspectives économiques.
Selon l’organisation, le pays ferait mieux de rééquilibrer ses finances publiques grâce à une réduction des dépenses inefficaces, à un relèvement des impôts sur les successions, sur les biens immobiliers et sur les émissions de carbone, ainsi qu’à la poursuite de la réforme du système de retraite.
Sept secteurs prioritaires
«Le grand emprunt ne représente pas une menace pour la note souveraine de la France (Aaa). Cette opération n'affaiblira qu'à la marge la position de la France dans sa catégorie d'Aaa sur le court terme», souligne pour sa part Moody’s dans un rapport sur le grand emprunt publié mardi.
Mais «[il] va creuser la dette publique et la vulnérabilité de la France face à une hausse des taux d'intérêt de long terme. En conséquence, la France est susceptible de perdre un peu d'altitude à l'intérieur de l'espace Aaa», ajoute l’agence. Quant à un impact positif à long terme, il est «possible mais loin d'être certain.»
Le rapport remis aujourd’hui au chef de l’Etat par la commission présidée par Michel Rocard et Alain Juppé préconise de fixer le montant de l’emprunt à 35 milliards d’euros. Il recommande un appel exclusif au marché, écartant l’idée d’une souscription auprès des Français réputée plus coûteuse.
Sept axes sont identifiés comme prioritaires : universités et recherche (16 milliards d'euros), développement des villes (4 milliards), développement des énergies décarbonées et de l'efficacité dans la gestion des ressources (3,5 milliards), mobilité du futur (3 milliards), émergence d'une société numérique (2 milliards d'euros), développement des PME innovantes (2 milliards) et des sciences du vivant (2 milliards).
Les fonds seraient gérés de manière «étanche par rapport au reste du budget» de l’Etat. Les arbitrages du président de la République sont attendus début décembre.
F.S.
Publié le 19 novembre 2009







