Moody’s a abaissé de "Caa1" à "Ca" la note de la Grèce, à un cran du défaut de paiement. L’agence estime que la Grèce doit encore surmonter d’importants défis sur sa solvabilité. De ce fait, le pays ne sera certainement pas en mesure de rembourser entièrement ses créanciers privés.

L’agence juge cependant que le second plan d’aide de la zone euro (qui entraine une baisse des coûts liés à la dette et une moindre dépendance des marchés financiers) ; ainsi que les échanges d’anciennes obligations contre de nouvelles devraient contribuer à stabiliser et à réduire la dette grecque.

C’est pourquoi, Moody’s met sa note sous perspective en développement.

Impact limité de la décision


Les dirigeants de la zone euro s’étaient préparés à une telle sentence.

Potentiellement, le prononcé d’un défaut de paiement par l’une des trois agences de notation pourrait provoquer un engrenage dangereux sur les marchés en entrainant un paiement des CDS (assurances adossées sur les titres d’emprunts d’Etat).

Cependant, au-delà du verdict des agences de notation américaines, ce qui importe, c’est la décision de l’ISDA (l’association des professionnels des marchés dérivés) qui regroupe 50 sociétés financières.
Vendredi matin, l’association avait clairement signalé que la Grèce ne devait pas être considérée comme étant en défaut de paiement après le plan de sauvetage adopté jeudi soir. David Geen, conseiller de l'ISDA, avait justifié la décision de l'association par la dimension volontaire de la contribution du secteur privé à ce plan de sauvetage. « Je ne vois rien qui soit contraignant pour l'ensemble des créanciers » avait-t-il déclaré.

Cette position de l’ISDA limite considérablement les répercussions des décisions des agences de notation, que ce soit la décision de Moody’s ou encore celle de Fitch qui n’a pas hésité à annoncer vendredi dernier qu'elle allait placer en défaut partiel la note de la Grèce.

Les dégâts sont d’autant plus contenus que la BCE s’est dite prête à soutenir la Grèce, même en période de défaut de paiement.