Grèce : pour le DG de Crédit Agricole, nul ne peut revenir sur ce qui a été décidé
(Easybourse.com) Le groupe Crédit Agricole a annoncé ses résultats semestriels ce jeudi matin. L'occasion pour les dirigeants de revenir sur l'exposition de la banque à la Grèce via la filiale Emporiki et la participation au plan de soutien arrêté par les dirigeants européens le 21 juillet dernier.
L’impact de la Grèce sur les résultats de Crédit Agricole s’élève au final à 640 millions d’euros contre 850 millions initialement annoncés. «Nous avons intégré au deuxième trimestre les impacts du plan européen qui s’impose à nous » indique Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit Agricole.Le cout du risque du plan du soutien à la Grèce représente ainsi 202 millions d’euro, dont 71 millions d’euros au titre de l’activité bancaire pour Emporiki et 131 millions d’euros au titre de l’activité assurances.
Ces 202 millions d’euros ne prennent pas en compte les dettes grecques de maturité supérieure à 2020. «Notre position a porté sur une dépréciation de 21% des dettes arrivant à maturité jusqu’en 2020. Il me semble que lorsque l’on évoque un sujet, on s’y tient. Crédit Agricole était un des premiers acteurs à être partie prenante au rollover et à faire partie de la danse concernant l’évolution de la dette grecque. Nous estimons que les discussions qui ont mené au plan d’aide ont été fermes et définitives. Ce n’est par parce qu’un responsable finlandais ou grec se lève un matin en ayant une nouvelle idée, que cela doit tout remettre en cause».
Interrogé sur la modalité de participation qui sera choisie par la banque, Jean-Paul Chifflet répond «sur les quatre possibilités, deux ont notre préférence [sans pour autant les préciser]. Nous devrions arrêter notre choix d’ici le mois d’octobre».
Provisions propres à Emporiki
Des provisions ont également été passées sur Emporiki compte tenues des projections faites sur l’économie grecque par les instances adéquates-banques centrales, Commission européenne, FMI. 359 millions d’euros ont ainsi été provisionnés au titre de la dépréciation de l’écart d’acquisition résiduel sur Emporiki. L’impact des impôts différés actifs a représenté 148 millions d’euros.
Le retour à l’équilibre sur l’entité grecque était envisagé pour 2012. Finalement, ce ne sera vraisemblablement pas le cas. Aucun timing n’a été donné avec précision. 2013 ou 2014 ont été évoqués.
Questionné sur une éventuelle vente d’Emporiki, Jean-Paul Chifflet commence par répondre ironiquement «si on a un acheteur à bon prix, alors pourquoi pas» avant de poursuivre plus sérieusement «en réalité nous n’envisageons pas de vendre Emporiki. Nous gérons la société avec attention, avec rigueur, avec effort. Le résultat d’exploitation est en bonne posture».
L’augmentation de capital sur la filiale grecque est, quant à elle, toujours d’actualité. «Nous avons déjà procédé à une augmentation de capital au deuxième trimestre. Jusqu’à présent Emporiki était cotée en bourse. A partir de septembre-octobre la société sera définitivement sortie de la cote. Nous attendrons cette sortie pour procéder plus tranquillement à une autre augmentation de capital nécessaire pour mettre à niveau la banque vis-à-vis des autorités européennes. Le montant de l’augmentation de capital sera fonction du montant des provisions faites d’ici là».
Imen Hazgui
Publié le 25 Août 2011







