Société Générale : sur quels actifs miser en 2012 ?
(Easybourse.com) Pour Philippe Ferreira, stratégiste allocation d'actifs globale au sein de la banque Société générale, un élément important à considérer pour orienter ses investissements réside dans l'horizon temporel. A trois mois, l'expert recommande de maintenir un positionnement défensif. Un retour plus massif vers les actions et obligations d'entreprises pourra être entrepris d'ici trois à six mois.
Pour Philippe Ferreira, en raison du manque de visibilité actuelle concernant l’évolution de la situation dans la zone euro, il serait préférable de conserver une attitude prudente dans les trois mois à venir. «Un petit pas a été fait, mais il reste un long chemin à parcourir. Entre temps, le vide demeure. Or le marché déteste le vide». Ce, quand bien même de nombreuses valeurs paraissent actuellement décotées, que le Cac 40 se situe à un niveau inférieure à sa valeur mobile de 30% et que les actions bancaires sont à leur plus bas historique depuis environ 30 ans.De ce fait, l’expert conseille de garder pour l’heure une exposition faible aux actions dans les portefeuilles et de remonter les obligations d’Etat. «Au-delà du risque systémique de la zone euro, il y a un risque cyclique auquel nous devons faire face avec l’austérité due à la contraction des dépenses publiques et des dépenses privées (chômage élevé et moindre capacité à s’endetter auprès des banques)».
Un appétit pour le risque préconisé d’ici trois à six mois
Dans les trois à six mois à venir, Monsieur Ferreira en est convaincu, «les dirigeants européens devraient parvenir à construire des institutions plus solides, et à implémenter les règles budgétaires plus strictes qui sont envisagées». En cela, la zone euro se retrouvera hors de danger et l’accalmie sera retrouvée.
Il sera alors temps de miser sur les actions pour un horizon de 3 à 5 ans.
Les thèmes phares à privilégier seront la diversification en termes de classes d’actifs et d’exposition au niveau des secteurs et des pays, et le rendement. Ainsi des valeurs évoluant dans les secteurs des télécoms ou de la pharmacie seront à considérer. «Dans les télécoms, Iliad est une valeur qui fait l’unanimité. La société est en train de s’adapter à son environnement. Elle s’est lancée dans des activités où elle peut remporter des parts de marchés significatifs. Dans la pharmacie Novartis et Sanofi sont des valeurs qui versent des dividendes élevés et dont le cours souffrent moins par rapport au flux d’informations macroéconomiques» avance Monsieur Ferreira.
Il sera également intéressant de miser sur les entreprises de bonne qualité qui ont beaucoup de cash dans leur bilan, qui se sont désendettées ces deux dernières années, et qui exercent une partie de leur activité au niveau internationale. Les valeurs spécialisées dans les biens de consommation comme L’Oréal, Seb, ou Bic seront des paris opportuns.
Les valeurs industrielles, en revanche seront à éviter, en particulier dans les biens d’équipement. «La Chine est en train de rééquilibrer son économie de l’investissement vers la consommation. Elle est en surcapacité productive et a beaucoup d’infrastructures» justifie le stratégiste de Société Générale.
Entre valeurs bancaires et valeurs d’assurances, le choix s’orientera davantage vers les premières. «Les compagnies d’assurances sont plus exposées que les banques aux dettes souveraines et doivent faire face aux contraintes réglementaires posées par Solvency II. On voit bien les difficultés de Groupama. Parallèlement, le point d’entrée pour les banques n’est pas loin d’être atteint. Les banques françaises font l’objet de moins de pression en matière de recapitalisation par rapport à leurs voisines, notamment par rapport aux banques allemandes. Elles ont beaucoup réduit leur bilan, et ont mis un terme au versement de dividendes. Un titre comme BNP Paribas présentera un intérêt certain».
Au-delà des actions, la dette des entreprises sera aussi un segment à scruter de près. «Ces obligations d’entreprises versent un rendement intéressant, sont décotées, et moins volatils que les actions».
I.H.
Publié le 14 Décembre 2011
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