BCE : les banques pourraient bien emprunter 500 milliards d'euros supplémentaires
(Easybourse.com) Pour le président de la BCE, Mario Draghi, les banques pourraient bien emprunter lors de la seconde opération de refinancement à long terme qui devrait être lancée le 29 février prochain un montant comparable à celui emprunté à l'issue de la première opération réalisée au mois de décembre, soit environ 500 milliards d'euros.
Les critères d’éligibilité aux prêts ayant été élargis notamment dans la nature des actifs à apporter en garantie, Mario Draghi s’attend à une forte demande de la part des établissements bancaires lors de la prochaine opération de refinancement qui devrait être lancée le 29 février. Cette opération sera, rappelons le, une opération de refinancement sur trois ans, d’un montant illimité et à un taux fixe privilégié de 1%.Mario Draghi s’est dit dans l’incapacité de se prononcer sur l’identité des bénéficiaires de ce second round de prêts. «Nous ne pouvons pas nous prononcer à l’avance sur qui seront les bénéficiaires de cette deuxième opération. Cela dépendra de la dimension des établissements et du bon fonctionnement du secteur bancaire dans chacun des pays membres. Effectivement dans certains Etats, le marché interbancaire fonctionne et les petites banques peuvent aisément être financées par les grandes. Dans d’autres pays, je pense à l’Italie et à l’Espagne, le marché interbancaire est gelé».
Ce qui est certain c’est que pour le président de la BCE, il ne faudra avoir aucune honte à recourir à cette opération. « Ces opérations de refinancement sont là pour être utilisées».
Cette déclaration répond notamment à la critique faite par le patron de la Deutsche Bank selon laquelle il était indigne d’une banque sérieuse de faire appel à ces facilités de crédit. «Les mêmes banques qui parlent ainsi n’hésitent pas à faire appelle à d’autres facilités de refinancement, notamment en dollars. Certaines décisions sont à prendre sur un plan purement commercial. Décider de solliciter un prêt auprès de la BCE est une décision de business et c’est tout» commente M Draghi.
Une opération plus risquée…
L’élargissement des critères d’éligibilité au niveau des banques centrales nationales et l’assouplissement des exigences en matière d’actifs à apporter en garantie sont censés « permettre à des établissements bancaires de moyenne dimension d’avoir un meilleur accès à la liquidité et de mieux financer les petites et moyennes entreprises, qui constitue un important bloc d’activité en Europe ».
Cette flexibilité suppose la prise en charge davantage de risques dans les bilans des banques centrales nationales et alimente de ce fait les craintes de certains opérateurs de marché. «Certes plus de risque est pris en charge. Cependant ce risque est gérable et fort bien géré » rassure Mario Draghi.
Cette sur collatéralisation des banques centrales nationales ne sera, en outre, pas sans surveillance. Le conseil des gouverneurs de la BCE passera en revue dans six mois la nature des risques qui ont été pris et leur bonne gestion.
Des banques qui ne joueraient pas le jeu ?
Selon les dernières données disponibles, le volume des prêts dans l’ensemble de la zone euro a baissé de 1,2% pour les entreprises non financières et de 1,9% pour les ménages. Les conditions d’octroie de crédit ont par ailleurs été resserrées. De prime abord, d’aucuns pourraient légitimement penser que les opérations de refinancement de la BCE ont été vaine en ce qu’elles n’ont pas du tout servi à financer l’économie réelle.
«Il est trop tôt pour tirer des conséquences définitives de ces dernières données» rétorque cependant Mario Draghi. D’une part, ces données ne prennent pas en compte la première opération de refinancement effectuée au mois de décembre. Par ailleurs, le montant des titres de dette bancaires arrivant à échéance dans le courant du premier trimestre est très significatif, soit 230 milliards d’euros. Les banques ont d’abord donné priorité à la conservation de cette liquidité pour honorer leurs échéances. Enfin d’autres mesures non conventionnelles pour venir en aide au secteur bancaire n’ont toujours encore à mises en œuvre.
«Il y a donc lieu de patienter et de suivre l’évolution de la tendance de manière étroite après la deuxième opération de refinancement. La solidité des bilans bancaires sera, en cela, un facteur clé » signale Mario Draghi.
Aucun engagement sur une troisième opération de refinancement…
Ces opérations de refinancement par la BCE sont censées être des mesures non standards, donc temporaires par nature. Aucun engagement ne peut être donné en conséquence aujourd’hui au sujet d’une troisième opération de refinancement au cours des prochains mois. «Un système bancaire fonctionnant normalement est censé se refinancer par la voie du marché interbancaire. C’est après le premier LTRO que le marché de la dette non sécurisée a pu s’ouvrir. Espérons que cette ouverture sera plus importante après le deuxième LTRO ».
Imen Hazgui
Publié le 09 Février 2012
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