La BCE pourrait faire économiser aux banques européennes 120 Mds d'euros
(Easybourse.com) Selon l'agence Bloomberg, les banques européennes pourraient bien beneficier d'une économie d'environ 120 milliards d'euros consécutivement a l'abondante liquidité fournie par la BCE. Les prêts consentis permettraient, par ailleurs, à certaines d'accroitre leur bénéfices d'environ 10%.
Les prêts accordés par la BCE dans le cadre des opérations de refinancement à long terme qu’elle a décidé de lancer par deux fois, au mois de décembre dernier et le 29 février prochain, constitueraient une aubaine pour les banques européennes et ce à aux moins deux titres.Ces prêts vont ainsi permettre aux banques de la région d’économiser plusieurs centaines de milliards d’euros et de faire une plus value en jouant la courbe des taux, en particulier sur l’Italie et sur l’Espagne.
Une économie permise au regard du marché de la dette bancaire non sécurisée
Les prêts accordes par la BCE le sont à un taux préférentiel de 1%. Selon une étude de la banque Commerzbank, ce taux représenterait ainsi le quart du taux moyen payé par les banques sur le segment de la dette senior non securisée libellée en euro en 2011. Le taux calculé ressortant à 4,3%.
Selon une récente enquête menée par Goldman Sachs, les banques européennes pourraient bien emprunter 680 milliards d'euros à l’issue de la deuxième opération de refinancement prévue le 29 février. En tenant compte des 489 milliards accordés lors de la première opération de refiancement, le montant total des prêts avoisinerait les 1200 milliards.
Si l’on tient compte de cette estimation, qui pour beaucoup paraît plausible- le montant de 489 milliards d’euros ayant été supérieur aux anticipations des économistes de 66%-les banques européennes devront payer environ 12 milliards d’euros par an comme intérêt si l’on considère le taux d’intérêt de 1% appliqué à ces prêts.
Le même montant emprunté sur le marché de la dette senior non sécurisée aurait couté 52 milliards d’euros par an, si l’on considère le taux mis en avant par Commerzbank de 4,3% en moyenne.
Grâce à la BCE les banques seront donc en mesure d’économiser environ 120 milliards d’euros.
Une plus value conséquente
Au-delà des économies permises en évitant d’avoir à se refinancer sur le marché de la dette bancaire non sécurisée, les prêts de la BCE vont par ailleurs permettre aux banques de générer des plus values importantes en jouant la courbe de taux sur les Etats périphériques de la zone euro, en premier lieu desquels l’Italie et l’Espagne.
La plus value sera d'autant plus importante pour les banques qui n'ont pas besoin des fonds de la BCE pour se refinancer. Politiquement l'institution monétaire ne peut pas faire de distinction entre les établissements s'agissant des prêts consentis. En limitant ses prêts à certaines banques seulement, elle générerait des distorsions de concurrence et violerait le traité européen.
Ainsi une banque qui emprunterait 1 milliard d'euros de la BCE a 1% et achèterait des obligations italiennes a trois ans a 3,60% pourrait générer un revenu de 26 millions d'euros par an.
Les taux des obligations a court terme de l'Italie et de l'Espagne ont déjà significativement baissé depuis la première opération de refinancement de la BCE du mois de décembre. Le taux des titres d'Etat espagnols à deux ans est retombé de 220 points de base (bp) a 2,77%. Le taux des titres italiens à deux ans a reculé de 308 bp a 3,07%.
La tendance baissière devrait se poursuivre.
La marge de manoeuvre serait plus importante sur les titres longs que sur les titres courts. Les obligations de long terme ont effectivement sous performé les titres courts en raison des craintes liées au déploiement des plans d'austérité. Ainsi le taux a dix ans espagnol a fléchi de 85 bp a 5,27 et le taux italien de 133 bp a 5,59.
Selon Morgan Stanley, les fonds empruntés pourraient bien permettre aux banques italiennes d’accroitre leurs bénéfices de 10% cette année et de 30% en 2013 et aux banques espagnoles d’augmenter leurs bénéfices avant provisions de 6 à 12%.
Selon une note de JP Morgan datant du 27 janvier, ces prêts permettraient aux banques françaises d’assurer l’intégralité de leur besoin de refinancement en 2012, soit 40 milliards d’euros, et de dynamiser également leurs profits.
On rappelera qu’UniCredit SpA, la plus grande banque d’Italie a emprunté 12,5 milliards d’euros à la BCE lors de la première opération, Intesa Sanpaolo SpA, la deuxième plus grande banque d’Italie 12 milliards d’euro et la banque Monte dei Paschi, 10 milliards d’euros.
La banque espagnole BBVA, la deuxième plus grande banque d’Espagne a de son coté emprunté 11 milliards d’euros. Bankinter SA 5 milliards euros et Banco Popular 6.5 milliards d’euros toujours selon to Morgan Stanley.
Les banques françaises n’ont pas souhaité communiqué sur le montant qu’elles auraient emprunté.
I.H.
Publié le 13 Février 2012
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