La fusion entre les opérateurs boursiers Nyse-Euronext et ICE (Intercontinental Exchange) se précise. D’après Les Echos, les dirigeants des deux groupes ont sondé ces dernières semaines les régulateurs européens et américains afin de connaître leur sentiment sur le projet. « Les retours sont globalement positifs. La fusion ne devrait pas poser de grands problèmes de concurrence aux Etats-Unis. En Europe, le sujet est plus sensible, notamment sur les dérivés », indique le journal.

ICE est un opérateur spécialisé dans la cotation des matières premières (énergétiques et agricoles) et les produits dérivés. Basée à Atlanta, la société a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires d’1,3 milliard de dollars pour un bénéfice net de 520 millions. En rachetant Nyse-Euronext, premier opérateur mondial par la capitalisation boursière, il mettrait la main sur la Bourse de New York (Nyse) qui était parvenue jusqu’ici à préserver son indépendance malgré son rapprochement avec Euronext en 2007.

En revanche, ICE n’est pas intéressé par Euronext, l'opérateur des bourses de Paris, d'Amsterdam, de Bruxelles et de Lisbonne. ICE « l'a confirmé à tous les régulateurs : une fois la transaction finalisée, il rendra son indépendance à Euronext, qui sera introduit en Bourse dans les premiers mois de 2014 », indiquent Les Echos. Des « grandes manœuvres » sont en cours à Paris, Londres et Francfort pour savoir qui pourrait prendre le contrôle de l’opérateur européen. « ICE a déjà été approché par trois opérateurs pour la reprise d'Euronext : Deutsche Börse, le Nasdaq et surtout le London Stock Exchange, qui est très actif sur le dossier mais les Américains se sont engagés à introduire l'opérateur en Bourse, et ils le feront en conservant une part à son capital », indique une source proche du dossier citée par le journal.

Le gouvernement français s’activerait lui aussi pour former un « noyau dur » d’actionnaires prêts à investir, le moment venu, au capital d’Euronext. Il aurait approché les principales banques françaises, mais celles-ci se montreraient très réticentes compte tenu des récentes mesures fiscales prises à leur encontre. L’objectif serait de sécuriser le capital de l’opérateur et de peser davantage dans ses décisions.