Jour J pour le RSA qui divise de manière insolite
(Easybourse.com) C'est aujourd'hui que Nicolas Sarkozy va présenter officiellement à Laval (Mayenne) son revenu de solidarité active, après que Les Echos a chipé hier la politesse au chef d'Etat. Le journal annonçait que ce nouveau système de minima sociaux incitant au retour à l'emploi et devant remplacer le RMI et l'allocation parent isolé, trouverait en partie son financement dans une taxe de 1,1% appliquée aux revenus du capital. C'est au tour de ce ce jeudi à Laval. Les réactions dans le milieu de la politique et celui des affaires se diversifient : la majorité est divisée, l'opposition est enthousiaste et le Medef ne comprend pas.
Alors que le gouvernement planche actuellement sur le volet recette du budget 2009, Nicolas Sarkozy devrait annoncer officiellement aujourd'hui que le RSA (revenu de solidarité active) sera financé par la mise en place d'une taxation à hauteur de 1,1% des revenus du capital, ce qu'avait avancé Les Echos dès hier.
Et dès hier, les réactions se sont fait entendre. Le Medef fait la grimace, tandis que la gauche semble approuver cette mesure. Parmi la droite, les avis sont plus partagés, voire embarrassés.
C'est assez insolite, politiquement parlant. Ce n'est pas tous les jours que l'opposition se montre enthousisaste à un projet de Nicolas Sarkozy et que la majorité, pour certains, et les milieux d'affaires désapprouvent.
Le PS a pris acte de ce choix, 'légitime' selon François Hollande. Néanmoins, Jean-Louis Tourenne, président PS du Conseil général d'Ille-et-Vilaine, est plus critique. Il fait remarquer que la mesure touchera les classes moyennes mais pas les riches, protégés, dit-il, par le bouclier fiscal.
Du côté de la majorité, Dominique Paillé, un des porte-parole de l'UMP, a salué 'un bon moyen d'exprimer' la solidarité envers ceux 'qui sont en difficultés'. Plus 'dubitatif', Alain Lambert, membre UMP de la commission des Finances du Sénat a regretté que le gouvernement fasse le choix 'd'augmenter les prélèvements'.
Un avis partagé par la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui s'interroge : 'Pour financer une bonne idée, pourquoi avoir comme seule solution celle d'une taxe en plus ?'.
Les associations d'épargnants voient également cette mesure d'un œil morose. Cette taxe s'appliquerait par exemple aux revenus fonciers, aux dividendes, aux assurances-vie.
La taxe de 1,1% de RSA s'ajoute aux 11% de prélèvements sociaux déjà existants sur les revenus du patrimoine et du capital.
Le système a déjà été testé dans une trentaine de départements français et a soulevé de nombreux débats à l'UMP, en termes de coût et de calendrier. En effet, Nicolas Sarkozy a choisi de généraliser le système dès la mi-2009 au lieu de 2010 voire 2011 que certains avaient évoqué. Le RSA sera examiné au parlement le 22 septembre prochain
Incitation au travail
Le RSA remplace, entre autres, le revenu minimum d'insertion et l'allocation parent isolé. Il est présenté comme une mesure incitative pour les allocataires des minima sociaux de retrouver un emploi. C'est aussi une possibilité pour les travailleurs en difficulté de bénéficier d'un pouvoir d'achat supplémentaire.
'Concrètement, une personne seule au RMI trouvant un emploi au Smic à mi-temps (500 euros) aura droit à l'équivalent de son ancienne allocation (450 euros) plus 62 % de son salaire (310 euros), soit un total de 760 euros. Cette somme sera perçue comme suit : 500 euros de salaire versés par l'entreprise et 260 euros de RSA', expliquait hier Les Echos.
C.L. (avec agences)
Publié le 28 Août 2008





