L'assurance vie, un produit en danger ?
(Easybourse.com) L'assurance-vie serait elle dans une passe difficile ? En ces temps durs où la conjoncture économique n'est pas au beau fixe et où l'incertitude guette, le besoin d'épargner se fait plus que jamais ressentir.
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FFSA
Pas une très bonne nouvelle, si l'on tient compte du fait que la collecte sur ce produit connait un certain essoufflement depuis le mois de juin.
Une atonie soudaine du marché qui devrait se poursuivre
A fin Juin 2010, la progression n'est plus que de 8%, soit 78,5 milliards d'euros, alors que les cotisations étaient en hausse de 9 % à fin mai, de 10 % à la fin du mois d'avril et de 14% à la fin du mois de mars.
Une tendance qui ne risque pas de s'améliorer dans les prochains mois si l'on tient compte des nouvelles données apparues sur le marché.
Des taux garantis mieux encadrés
Fini les offres de propositions commerciales déraisonnables ! Terminé les taux promotionnels exorbitants pour appâter le client ! Les offres trop alléchantes ne sont qu'un vague souvenir du passé.
Pour «renforcer la sécurité des assurés» et juguler les délires susceptibles de fragiliser « la stabilité du secteur financier», un arrêté ministériel publié au Journal officiel le 30 juillet 2010 et entré en application le 1er août, a modifié les conditions en vertu desquelles les assureurs vie peuvent proposer des taux garantis (rendement assuré pour un contrat durant une période donnée).
Les sociétés d'assurance sont confrontées à une quasi obligation d'offrir des taux qui soient dans le haut de la fourchette 
«Les sociétés d'assurance sont confrontées à une quasi obligation d'offrir des taux qui soient dans le haut de la fourchette. Des taux trop bas risqueraient d'avoir pour conséquence une décollecte et de confronter la société à un problème commercial et prudentiel. Une entreprise d'assurance qui n'arriverait plus à renouveler sa collecte pouvant se retrouver face à un risque de liquidité» alerte Didier Davydoff, président du directoire d'IEM Finance.
L'encadrement intéressera davantage les fonds en euros à capital garanti qui représentent cependant 87% de l'encours en assurance vie.
Parmi les principales avancées, une règle a été introduite garantissant qu'une promesse de meilleure revalorisation des contrats bénéficiant d'un taux garanti ne nuira pas à la rémunération des autres contrats.
Jusqu'ici, les taux garantis servis à certains assurés pouvaient être financés sur l'enveloppe destinée à rémunérer l'ensemble des contrats. A sa guise, la compagnie d'assurance pouvait doper la performance des contrats nouveaux, au détriment du rendement des produits plus anciens.
L'arrêté rend désormais cette pratique impossible. Le pot commun ne pourra plus être utilisé pour financer les bonus des nouveaux souscripteurs. Les assureurs devront donc puiser dans leurs marges pour subventionner leurs promotions.
Et les sommes dévolues au financement des taux garantis seront cantonnées. Une enveloppe annuelle globale sera créée pour déterminer les ressources qu'un assureur peut consacrer chaque année au financement de taux garantis. Cette enveloppe sera calculée à partir des performances financières passées de l'assureur et des engagements contractuels déjà pris.
Par ailleurs, l'assureur ne pourra garantir un taux que sur une période supérieure à 6 mois et devra exprimer ce taux de façon annualisée. Ainsi, les taux promotionnels d'appel, applicables sur deux ou trois mois n'existeront plus.
Enfin, le taux maximum qui pourra être garanti par un assureur sera déterminé en fonction de l'environnement des marchés obligataires. La volonté est ainsi de rendre ces taux garantis plus représentatifs des perspectives de revalorisation des contrats. La formule de calcul pose un plafond à ne pas dépasser par rapport au taux moyen des emprunts d'Etat (TME). Sur la base actuelle du TME, ce taux maximal s'élève à 3,75% à partir d'août. «On peut très bien se retrouver en fin d'année avec un taux plafond autour de 3,50%» prévient Bernard Le Bras, PDG d'ACMN Vie, filiale du Crédit Mutuel Nord Europe. Certains vont jusqu'à tabler sur un taux de 3,35%.
Plusieurs offres proposaient des rendements supérieurs pour des versements effectués jusqu'au 31 juillet, parfois au-delà de 4%. L'offre à 4,10% chez Generali France était une des mieux-disantes du marché.
Imen Hazgui
Publié le 10 Août 2010





