La Bourse de Paris plombée par la conjoncture US
(Easybourse.com) Les jours se suivent et se ressemblent à la Bourse de Paris. Le CAC 40 termine en baisse de 1,17% à 3450 points après une nouvelle série d'indicateurs décevants sur l'économie américaine.
Le CAC continue de se dégrader. Il recule de 1,17% pour atteindre à la clôture 3 450,19 points. Les bons chiffres du côté allemand n'ont pas suffi à rassurer les marchés. Pourtant, les bonnes nouvelles fusent outre-Rhin avec une croissance estimée à 3% cette année, un déficit public raisonnable comparé aux autres pays européens, et un taux de chômage au plus bas depuis la réunification. Pour Angela Merkel, c'est une réelle victoire : « Il y avait cinq millions de chômeurs quand je suis devenue chancelière il y a moins de cinq ans, nous allons peut-être passer sous la barre des trois millions cette année malgré la crise économique», se félicite la chancelière allemande. Le climat des affaires a aussi progressé pour atteindre son plus haut niveau depuis juin 2007.Mais, s'il fait bon vivre en Allemagne, les marchés ne sont pas pour autant rassurés. Les Etats-Unis continuent d'afficher de mauvais résultats et les indicateurs sont invariablement révisés à la baisse. Aujourd'hui, ce sont les commandes de biens durables américains qui ont déçu. Les experts tablaient sur une hausse de 2,8% en juillet alors qu'elles n'ont enregistré que 0,3% de hausse. De même, le secteur immobilier américain va de mal en pis avec des ventes de maisons individuelles neuves qui ont chuté en juillet pour atteindre leur plus bas niveau depuis 1963. Les ventes ne correspondent qu'à 276.000 transactions en rythme annuel, soit 12,4% de moins qu'en juin corrigées des variations saisonnières. Il est vrai que la suppression des mesures de soutien à l'économie en particulier pour le secteur immobilier pèse lourdement sur l'activité et laissent craindre un retournement de l'économie américaine.
Entre les chiffres inquiétants de l'économie américaine et le redressement rapide de l'économie allemande les marchés semblent avoir tranché et préfèrent se replier. Les indices boursiers sont malmenés des deux côtés de l'atlantique. Depuis le début de la semaine, le CAC 40 et l'indice Dow Jones ont reculé de 1,2%. Si les mauvaises nouvelles se confirment le spectre de la « debt deflation » risque de refaire surface. Mais pour s'en rassurer, Marc Touati explique : « les Etats-Unis connaissent simplement un ralentissement logique. Il n'y a donc absolument pas de quoi paniquer. » Reste à convaincre les marchés.
Les valeurs du jour
Le rouge domine sur le CAC 40 en dépit de quelques belles performances comme Lagardère (+3,95%) et Danone (+0,89%). Le groupe de médias doit annoncer ses résultats semestriels demain soir. Les investisseurs anticipent de belles performances. Exane BNP Paribas a relevé sa recommandation sur le titre de «sous-performance» à «surperformance» ainsi que son objectif de cours qui passe de 26 à 35 euros. Quant à Danone, son acquisition du numéro trois français du marché des smoothies (fruits mixés), Immédia, semble plaire au marché.
Les banques et le secteur pétrolier ont pesé sur l'indice. Total a ainsi cédé 1,14% dans le sillage de la baisse du baril qui atteint ce soir 71,23 dollars à New York. Les craintes de récession et la hausse plus forte que prévu des stocks de brut américains font craindre une baisse de la demande d'or noir. Technip Vallourec ont abandonné respectivement 2,54% et 3,45%.
Du côté des banques, BNP Paribas s'est contracté de 2,51%, Société Générale de 1,40%. Cette dernière s'est vu infliger une amende de 1,9 million d'euros par les autorités boursières britanniques, qui lui reprochent un défaut d'information. Crédit Agricole s'est replié de 0,65%, tandis que Dexia a engrangé 0,15%.
Par ailleurs, Alstom a cédé 2,09% alors que RBS a initié un suivi à 'vente' sur le titre, avec un objectif de cours de 32 euros.
Hors CAC 40, Iliad, maison-mère de Free, a lâché 1,08%. Les offres « triple play » (internet, téléphone, télévision) vont être soumises à un taux de TVA plus élevé, d'après le ministre du Budget, François Baroin.
S.V. et F.S.
Publié le 25 Août 2010





