L’année 2012 n’aura pas été de tout repos pour le CAC 40, qui a touché cet été un plus bas à 2950 points avant de rebondir jusqu’à 3674 points hier. Sur l’ensemble de l’exercice, l’indice des valeurs vedettes devrait afficher une hausse de 14%. Celle-ci n’effacera pas la baisse de 2011 (-17%) mais reflète un regain de confiance dans les actions, en particulier européennes.

« Nous avons accentué à partir du troisième trimestre une réallocation de nos encours vers les actions européennes et d’Asie émergente au détriment des actions américaines. Nous pensons avoir de bonnes raisons de continuer ce mouvement en 2013 », indique Bernard Aybran, Directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management. Le rallye déclenché par le discours de Mario Draghi cet été a certes permis de résorber l’écart de valorisation entre actions européennes et américaines, mais il reste encore du potentiel. « Avec un rebond de cinq à six mois consécutivement à une correction de trois à quatre ans, nous sommes encore loin d’avoir atteint les moyennes de long terme », explique-t-il. Un potentiel toutefois limité en raison des faibles perspectives bénéficiaires des entreprises (voir son interview).

Les top et les flop


Pour Franck Nicolas, de Natixis Asset Management, deux éléments expliquent le rebond des actions en 2012. « D’une part, l’économie mondiale a évité la récession, d’autre part la zone euro s’est consolidée et le risque d’éclatement s’est éloigné ». « Cependant, nous pensons que ces éléments positifs vont s’effacer et laisser apparaître une toile de fond économique malheureusement peu brillante». Natixis AM reste ainsi « très modérément haussier » sur les actions même si une surprise positive pourrait venir des Etats-Unis. « L’économie US regagne en compétitivité grâce à l’exploitation des gaz de schiste et à la baisse du prix de l’énergie. Ces deux facteurs pourraient entraîner un redémarrage plus rapide que prévu », indique Franck Nicolas.

Les valeurs les plus exposées à la croissance mondiale pourraient tirer leur épingle du jeu. Sur le CAC 40, Lafarge, Michelin ou encore Safran ont ainsi été plébiscités en 2012, grimpant respectivement de 75%, 55% et 40%. Non loin derrière, des valeurs plus défensives comme Accor (35%) et Essilor International (+40%). En revanche, les valeurs liées à la consommation en France et en Europe ont lourdement chuté. C’est le cas de France Telecom (-30%), GDF Suez (-27%) et EDF (-26%).