In extremis, les partenaires sociaux sont parvenus à un accord vendredi sur la réforme du marché du travail en France. Une petite révolution dans un pays où le dialogue social tourne traditionnellement au dialogue de sourds voire à l’affrontement. Même si tous les syndicats n’y adhèrent pas, l’accord ouvre la voie à un changement en profondeur du marché du travail. En échange de davantage de flexibilité sur les salaires et les réductions d’effectifs, les entreprises sont incitées à limiter le recours aux contrats courts. De nouveaux droits sont accordés aux salariés: généralisation d'une complémentaire santé ; droits rechargeables à l'assurance-chômage. L’ensemble de ces mesures doit instaurer une forme de « flexisécurité », ce mélange de flexibilité pour les entreprises et d’accompagnement-formation pour les salariés qui a fait ses preuves dans les pays scandinaves.

La France emboîte ainsi le pas à la plupart de ses partenaires européens, à l’heure où les actions de la zone euro suscitent un regain d’intérêt de la part des investisseurs. D’après une enquête réalisée par le magazine Option Finance (14/01), les gérants placent les actions européennes en tête des actifs les plus prometteurs aujourd’hui. Sur 33 sociétés de gestion interrogées en début d’année, 24 affichent une surpondération des actions européennes dont 9 une forte surpondération.

Plusieurs raisons expliquent l’optimisme affiché par les gérants actions. D’une part, la zone euro a mis en place en 2012 des mécanismes crédibles de soutien aux pays les plus fragiles. Ces derniers ont commencé à remonter la pente au travers de réformes douloureuses mais qui ont permis de redresser leur compétitivité. Même si l’Europe débute l’année en récession, les signaux économiques en provenance des Etats-Unis et de Chine sont plutôt positifs. La Chine surtout, avec des prévisions de croissance allant de 7,5% à 9,3% pour 2013, pourrait redevenir le moteur de l’économie mondiale qu’elle était jusqu’à la fin 2011.

Dans ce contexte, le rebond entamé au quatrième trimestre par le CAC 40 semble loin d’être terminé. Même si des paliers doivent être observés comme ce fut le cas la semaine dernière, avec sept séances de quasi stagnation de l’indice parisien, les perspectives sont encourageantes. « Techniquement, le CAC 40 prolonge sa consolidation après huit séances au-dessus des 3.700 points et le sentiment haussier s'installe confortablement », analyse Barclays Bourse. Les résultats des banques américaines, ainsi que la publication des premiers chiffres d’affaires pour les sociétés du CAC 40, sont à suivre attentivement cette semaine.