Ne pas « ajouter l’austérité à la récession ». Tel semble être le mot d’ordre à Paris comme à Bruxelles, après la publication des prévisions économiques de la Commission européenne pour chacun des Etats membres de la zone euro.
Celles-ci sont très moroses, à la fois pour la zone euro et pour ses principales économies. La France se dirige ainsi vers une croissance de 0,1% en 2013, soit une quasi-stagnation de l’activité comme en 2012. La zone euro dans son ensemble resterait quant à elle en récession, avec une baisse de 0,3% de son PIB, et ne pourrait espérer rebondir qu'en 2014, selon Bruxelles.

Suite à ces prévisions, le gouvernement français a indiqué qu’il reverrait « fin mars » sa prévision de croissance, actuellement de +0,8%. Mais c’est surtout l’objectif de déficit public – 3% du PIB en fin d’année- qui doit être revu à la lumière des ces perspectives moroses. Selon la Commission, compte tenu de la baisse attendue des recettes fiscales, le déficit public français devrait se situer aux alentours de 3,7% en fin d’année.

Pour autant, l’exécutif européen ne prévoit pas de sanctions pour non-respect des engagements budgétaires de la France. Car, affirme-t-il, Paris a fait des efforts en réduisant son déficit à 4,6% en 2012 (contre 5,2% en 2011). Le budget 2013, qui prévoit une augmentation de 30 milliards d’euros de la fiscalité, va également dans le "bon sens". Dans ce contexte, « si des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se produisaient, alors le Pacte de stabilité et de croissance permettrait de repousser à 2014 l'échéance pour ramener le déficit nettement en dessous de 3% », indique la Commission.

Ces propos ont été salués à Paris où le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a estimé que « les conditions étaient réunies » pour un report de l’objectif des 3%. Dans le tableau dépeint par la Commission, il n’est pas question d’ « ajouter l'austérité à la récession », a-t-il indiqué. S’il ne prévoit pas de « collectif budgétaire » (hausse des impôts ou baisse des dépenses publiques) cette année, le locataire de Bercy va toutefois devoir trouver plusieurs dizaines de milliards d’économies dès l’année prochaine s’il veut tenir l’objectif fixé par Bruxelles.