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Le bon côté des quotas

Le bon côté des quotas

(Easybourse.com) Après plusieurs années de tergiversations, les parlementaires français s’apprêtent à voter une loi sur la parité hommes-femmes dans les instances dirigeantes des entreprises. De moins de 10% aujourd’hui, la proportion de femmes devrait atteindre 40% dans six ans. Un espoir pour toutes celles qui se sont un jour heurtées au « plafond de verre »- d’autant que lorsqu’elles accèdent aux plus hautes fonctions, les femmes ont tendance ensuite à favoriser leurs consoeurs et à réduire les inégalités de salaires.

Interview de Dunya Bouhacene

Interview

Dunya Bouhacene
Présidente
Women Equity for Growth

Interview de Caroline Grinda

Interview

Caroline Grinda
Gérante
Valeurs féminines

Retrouvez ici la suite de notre dossier, Les femmes: un atout pour la performance des entreprises?

Vingt-cinq ans après la première loi sur l’égalité hommes-femmes dans le monde du travail, force est de constater que peu de progrès ont été réalisés en France.

D’après le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, les femmes gagnent en moyenne 27% de salaire en moins que les hommes car elles subissent davantage de temps partiel. L’écart se réduit à 19% pour les cadres et à 7% pour les cadres ayant les mêmes compétences, occupant le même poste et travaillant dans le même type d’entreprise.  Or, d'après l'Insee, seulement 17 % des dirigeants en France sont aujourd'hui des femmes, alors que ces dernières représentent 45 % de la population active.

«Les femmes n’accèdent pas aux mêmes opportunités que les hommes, bien qu’elles soient plus diplômées. Plus on monte dans les échelons d’une entreprise, moins il y a de femmes», résume Dunya Bouhacene, fondatrice et présidente de Women Equity for Growth, le premier programme de capital-investissement en Europe misant uniquement sur des sociétés dirigées par des femmes (interview).

En outre, plus l’entreprise est importante, moins il y a de femmes dans leurs instances dirigeantes : on ne comptait en 2009 que 10,5% de femmes dans les conseils d'administration des sociétés cotées, et seulement 8% pour les 500 premières entreprises françaises.

Une loi pour sauter le pas 

Mais cette situation pourrait bientôt évoluer. Le 20 janvier, les députés ont adopté à une large majorité la proposition de loi déposée par Jean-François Copé, le patron du groupe UMP à l’Assemblée, et Marie-Jo Zimmermann, présidente de la Délégation aux droits des femmes, visant à établir une fois pour toute la parité – ou presque – dans les lieux de pouvoirs économiques.

Le texte oblige toutes les sociétés cotées françaises – soit 600 à 700 entreprises – à avoir au moins 40% de femmes dans leur conseil d’administration d’ici six ans. A défaut, les délibérations des CA seront frappées de nullité, autrement dit les entreprises ne pourront plus se gouverner.

Une mesure radicale qui entend mettre fin à la passivité des entreprises sur ce sujet. En mars 2006, une loi sur l'égalité salariale avait en effet été votée, elle prévoyait 20% de femmes dans les conseils d'administration, mais les dirigeants d’entreprises avaient à l’époque préféré payer l’amende plutôt que de se mettre aux normes.

Résistances

Pour autant, la logique des quotas va-t-elle dans le sens de l’émancipation professionnelle des femmes ? Fallait-il en arriver là ? D’après une étude menée en 2005 par une chercheuse de l’université de Haverford, il existe une corrélation positive entre la présence de femmes aux postes de direction et l’égalité homme femmes.

Dans les entreprises où le PDG est une femme, 17,3% des postes de cadres dirigeants sont occupés par des femmes, contre 3,9% dans les entreprises dirigés par des hommes. En outre, la différence de rémunération entre hommes et femmes, dans ces entreprises, se voit considérablement réduite (moins de 10%).

Etablir la parité au sein des conseils d’administration permettrait donc de lutter efficacement contre les discriminations faites aux femmes. Reste à convaincre les entreprises, ce qui ne s’annonce pas une mince affaire : en Norvège, où des quotas ont été imposés dès 2003, certaines entreprises sont sorties du marché boursier pour ne pas y être soumises. Le pays compte aujourd’hui 44% de femmes dans les conseils d’administration, mais seulement 5% dans les postes de direction de haut niveau.

François Schott

Retrouvez ici la suite de notre dossier, Les femmes: un atout pour la performance des entreprises?



Publié le 09 Mars 2010

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