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France : faut-il s'attendre à une reprise ?

France : faut-il s'attendre à une reprise ?

(Easybourse.com) En parlant de « reprise » lors de son interview du 14 juillet, François Hollande s'est attiré les foudres de l'opposition et d'un certain nombre d'économistes. Pour la plupart d'entre eux, il est encore trop tôt pour évoquer un redémarrage de l'activité en France, même si certains indicateurs s'améliorent. Alors, où va l'économie française ?

Interview de Peter Jarrett

Interview

Peter Jarrett
Economiste
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Interview de Eric Heyer

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Eric Heyer
Economiste
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La « reprise » évoquée, dimanche 14 juillet, par François Hollande, existe-t-elle vraiment ? Les Français en doutent. Selon un sondage paru lundi, 72% d’entre eux ont le sentiment que le chef de l’Etat est trop optimiste. Il faut dire qu’avec un chômage à son plus haut historique et une production industrielle inférieure à ce qu’elle était avant la crise, la déclaration du président de la République peut surprendre.

Pourtant, les enquêtes de conjoncture menées par l’Insee et la Banque de France confirment une amélioration du climat des affaires ces derniers mois. « La plupart des secteurs (industriels) repartent à la hausse » grâce à un « renforcement de la demande étrangère », souligne la Banque de France dans une note publiée début juillet. En juin, la production industrielle a rebondi après un léger tassement le mois précédent et les chefs d’entreprises prévoient une poursuite de cette hausse en juillet. Dans les services également, la tendance est à l’amélioration : « Les effectifs cessent de se contracter, les trésoreries tendent à se redresser et les chefs d'entreprise prévoient un rebond de l'activité en juillet », souligne la Banque de France.

Par conséquent, la Banque de France a relevé à +0,2% sa prévision de croissance de l'économie française au deuxième trimestre contre +0,1% auparavant. « On a le sentiment qu'il y a un peu d'accélération mais il ne faut pas se cacher quand même qu'on reste dans une phase de reprise lente », a commenté Christian Noyer, le gouverneur de la BdF. Sur l’ensemble de l’année, « on restera très proche de zéro parce qu'on a commencé l'année sur un chiffre négatif » a-t-il ajouté.

Pas avant 2014

L’Insee, qui doit publier mi-août les chiffres officiels de la croissance du deuxième trimestre, est sur la même longueur d’ondes. Il évoque la « fin de l’épisode récessif » qu’a connu la France en début d’année mais aussi des « freins importants » qui empêchent toute véritable reprise. La consommation, en berne depuis le début de l’année, ne montre aucun signe d’amélioration et l’Insee table sur une baisse de 0,1% des dépenses des ménages sur l’ensemble de l’année. De même, l’investissement des entreprises restera «significativement plus bas» que son pic de fin 2011. Dans ces conditions, l’institut table sur une baisse du PIB cette année (-0,1%) avant une légère hausse (+0,8%) en 2014…

Les économistes de marché se montrent eux aussi prudents. «La reprise va arriver tout doucement, estime Laurence Boone, chef économiste Europe chez Bank of America Merrill Lynch (Le Figaro, 16/07/2013). « Et le fait qu'il n'y ait pas de demande interne en France rend cette potentielle reprise d'autant plus fragile: nous nous prendrions de plein fouet une croissance qui ralentirait un peu trop en Asie ou aux États-Unis, un euro qui frémirait ou encore un regain de tension chez certains de nos voisins, en Espagne notamment».

Pour Peter Jarrett, responsable d'études à l’OCDE, « tout dépend de ce que l’on entend par reprise. Pour moi, la reprise intervient lorsque le taux de croissance d’une économie est supérieur à son taux potentiel, autrement dit lorsque le chômage diminue. Ce n’est pas le cas aujourd’hui ». L’OCDE table sur une accélération très progressive de l’économie française au cours des prochains trimestres qui n’empêchera pas une baisse du PIB cette année ni la progression du chômage. Si parler de reprise paraît prématuré, en revanche François Hollande peut affirmer sans trop se tromper que « le second semestre sera meilleur que le premier ».


François Schott

Publié le 25 Juillet 2013

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